POLITIQUE

Publié le 09 septembre 2021

Crédit vidéo : LCI

Source : https://lci.fr/

Buzyn convoquée par la justice: Que savait-elle vraiment ? A-t-elle sciemment menti durant la crise ?

L'émission «24H Pujadas» diffusée ce jeudi 9 septembre 2021 sur LCI nous donne plus de précisions sur la convocation d'Agnès Buzyn devant la Cour de justice de la République.

«Cela signifie qu'il y aurait pu y avoir une violation délibérée d'une obligation particulière de prudence et de sécurité»

Justine Frayssinet: «Le Monde révèle que Agnès Buzyn est convoquée ce vendredi 10 septembre à 9 heures par les magistrats de la Cour de justice de la République. Et elle pourrait être mise en examen pour deux motifs : abstention volontaire de combattre un sinistre mais aussi et cela marque un nouveau palier, mise en danger de la vie d'autrui. Cela signifie qu'il y aurait pu y avoir une violation délibérée d'une obligation particulière de prudence et de sécurité.» David Pujadas: «Oui, mise en danger de la vie d'autrui, si c'est le cas, si c'est un des chefs de mise en examen, c'est vrai que ça ne passera pas inaperçu. Sur quoi enquêtent les juges précisément ?» Justine Frayssinet: «Et bien, d'abord, sur une possible dissimulation d'Agnès Buzyn. À la fin du mois de janvier 2020, elle déclarait ceci : " Le risque d'importation de cas depuis Wuhan est modéré. Il est maintenant pratiquement nul puisque la ville, vous le savez, est isolée. Cela peut évidemment évoluer dans les prochains jours ".»

«Quand j'ai quitté le Ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous»

Justine Frayssinet: «Or, environ 2 mois plus tard, alors qu'elle a quitté le gouvernement et après son échec aux municipales à Paris, son discours n'est plus du tout le même : " Quand j'ai quitté le Ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. " Et elle poursuit : " Je pense que j'ai vu la première ce qui se passait en Chine. Le 20 décembre, un blog anglophone détaillait les pneumopathies étranges. J'ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j'ai envoyé un message au Président sur la situation et le 30 janvier, j'ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient pas se tenir. Je rongeais mon frein, on aurait dû tout arrêter, c'était une mascarade. " Que savait vraiment Agnès Buzyn ? A-t-elle sciemment menti dans sa déclaration du 24 janvier ? Même si vous l'avez entendu, elle a ajouté que la situation pouvait évoluer. Sa mise en examen devrait donc permettre de répondre à ces questions.»

«Olivier Véran, pourrait aussi être convoqué dans les prochains jours»

David Pujadas: «Est-elle la seule concernée par ces enquêtes ?» Justine Frayssinet: «Non, elle ne devrait pas être la seule, en tout cas. On se souvient évidemment que des perquisitions avaient eu lieu en octobre dernier et selon Gérard Davet et Fabrice Lhomme, son successeur Olivier Véran, pourrait aussi être convoqué dans les prochains jours. Et ce pourrait aussi être le cas d'Édouard Philippe, ancien premier ministre, de Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, et de Sibeth Ndiaye, ancienne porte parole du gouvernement, autour d'un sujet en particulier, les masques. Ils sont soupçonnés d'avoir dissimulé la pandémie en expliquant qu'ils n'étaient pas indispensables.» David Pujadas: «Combien de plaintes à ce jour sont déposées auprès de la Cour de justice de la République ?» Justine Frayssinet: «Et bien, les hauts magistrats me l'ont indiqué tout à l'heure. 16.000 plaintes ont été reçues depuis le début de la crise sanitaire. Mais beaucoup sont des copiés-collés puisqu'avant le mois d'août et l'extension du passe sanitaire, seuls 200 avaient été envoyées. Et à ce stade, neuf plaintes sont jugées comme recevables par les magistrats.»



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