POLITIQUE

Publié le 22 décembre 2020

Crédit vidéo : LCI

Source : https://www.lci.fr/

Cet avocat donne une leçon de droit à la porte-parole LREM

L'avocat Fabrice Di Vizio était l'invité de Christophe Beaugrand ce dimanche 20 décembre dans l'émission «Le Brunch de l'Info» sur LCI. Face à lui Prisca Thévenot (Porte-parole LREM) lui reproche «de faire de la pub gratuitement pour son cabinet». La réponse de l'avocat ne s'est pas faite attendre.

Réunion de travail ?

Christophe Beaugrand (Journaliste): «Est-ce que selon vous, il y a une mise en danger de la vie d'autrui, un non-respect du couvre-feu avec ce fameux dîner de mercredi dernier ?» Prisca Thévenot (Porte-parole LREM): «Deux choses déjà : sur le fond, ce n'est pas le dîner de la discorde, c'est la réunion de travail, si on veut être bien précis.» Christophe Beaugrand: «Mais il se trouve qu'ils ont mangé. Donc c'était autour d'une table de salle à manger.»

«Cette démarcheau est à la limite de l'indécence»

Prisca Thévenot: «Il se trouve que le président, le gouvernement et l'ensemble de la classe politique sont mobilisés en ce moment et on sait très bien pourquoi, on ne va pas s'en plaindre. Il s'avère que cette réunion de travail a eu lieu au moment du dîner donc effectivement, ils ont eu besoin de se sustanter en respectant les gestes barrières et les distanciation sociales. C'est pour ça que c'est important. Je pense qu'il ne s'agit pas d'un dîner, mais d'une réunion de travail. Ca c'est sur le fond maintenant sur la forme, Monsieur Di Vizio, je suis quand même assez hallucinée et je trouve que cette démarcheau est à la limite de l'indécence. Pourquoi ? Parce que pendant que lui s'amuse à dégainer des plaintes beaucoup plus rapidement que son ombre, parce qu'il faut rappeler que Mr Di Vizio n'est pas à sa première plainte déposée contre le gouvernement.» Christophe Beaugrand: «Il avait porté plainte contre Olivier Véran, notamment.» Prisca Thévenot: «A chaque fois, on connait les démarches. Ce n'est pas votre première plainte. Alors moi, j'entends très bien qu'égoïstement, vous voulez faire un peu de pub à votre cabinet d'avocats. Et c'est très bien. Mais je trouve ça indécent. On a le gouvernement, le président, les parlementaires, l'ensemble du corps médical qui se battent sans relâche pour en finir avec cette pandémie. Et vous, vous amusez à faire de la pub gratuitement sur le dos d'une pandémie mondiale.»

«S'ils déposent une plainte, c'est que peut être, ils ont des raisons de le faire»

Christophe Beaugrand: «Est ce que, finalement, c'est un coup d'avocat pour vous faire de la pub et symboliquement, en sachant que ça ne servira à rien ?» Fabrice Di Vizio (Avocat): «Je vais vous répondre en deux temps si vous voulez. D'abord, le premier temps du raisonnement, c'est de dire que je ne comprends pas qu'un élu de la République, ne sache pas ce que c'est qu'un avocat, quand même. C'est-à-dire que l'avocat, il n'agit pas en son nom, ce qu'est en train de suggérer madame, c'est qu'au fond, mon cabinet agit dans un but qui serait se faire de la pub tout seul. D'abord, si mon cabinet agit, c'est qu'il a été saisi donc ces attaques ad hominem contre les avocats, c'est un peu facile si vous voulez. Et dans cette affaire l'avocat, il n'est que mandataire, ca c'est le premier point. Il faut peut-être effectivement, madame, considérer que derrière, il y a quand même des clients et que ces clients, s'ils déposent une plainte, c'est que peut être, ils ont des raisons de le faire.»

«Ça n'est pas leur profession»

Christophe Beaugrand: «Alors par qui avez-vous été saisi ? Pour que l'on comprenne bien qui vous a saisi.» Fabrice Di Vizio: «J'ai été saisi par le collectif Les pendus qui est une Association de restaurateurs et de commerçants qui ne comprend pas cette inégalité de traitement. Et j'ai été saisi par une association de victimes du Covid qui dit : " Effectivement, ces mesures, moi, je ne sais pas si elles sont justifiées ou pas mais si elles le sont pour lutter contre le Covid, il faut qu'elles le soient pour tout le monde. " Donc, si vous voulez les attaques ad hominem contre mon cabinet, je les prends depuis le mois de mars, donc ça ne me fait pas grand chose finalement sur le fond. Et vous devriez peut être, madame, vous intéresser à la raison qui pousse à un moment donné des justiciables à se tourner vers la justice pour exiger d'être couverts de leurs droits et je trouve ça amusant que vous veniez évoquer les plaintes dont je serais à l'origine qui, aujourd'hui, ont quand même fait l'objet d'une instruction par la commission de l'instruction et des perquisitions chez les ministres. Ça doit quand même à un moment donné vous interpeler. C'est le premier point, mais il y a un deuxième point au-dessus duquel tout le monde passe, sur lequel il ne faut pas sauter à pieds joints. Madame, vous nous dites, et mon confrère l'a très justement dit, qu'il y a un texte, il y a un dîner qui est probablement lié à la fonction présidentielle, je ne sais pas, en tout cas, qu'il y ait, sous l'égide du président de la République, et qui est une réunion de travail sur ce point, vous avez raison, madame. C'est-à-dire que c'est probablement une réunion de travail. Maintenant, est-ce que c'est une réunion professionnelle ? Je me permets de vous rappeler que ici ce sont les députés de la majorité qui ont été convoqués et les députés de la majorité, c'est un parti politique, un parti politique, c'est une association loi 1901. Donc, c'est en qualité de membre du parti qu'ils ont été conviés et en qualité de membre du parti, ça n'est pas leur profession.»

«C'est un élément constitutif de l'infraction»

Christophe Beaugrand: «En tout cas, c'est ce que vous allez plaider si jamais on vous rétorque que c'était une réunion professionnelle, selon vous, ça ne tient pas.» Fabrice Di Vizio: «Il y a un deuxième point quand même, c'est qu'il faut que ce déplacement professionnel ne puisse être que différé. C'est un élément constitutif de l'infraction. Au regard des thématiques qui ont été évoquées et transmises à la presse, ça semble ne pas être le cas. Mais encore une fois, je pense qu'il ne faut pas se tromper. On parlait d'humilité tout à l'heure. Moi, je n'ai aucune prétention de vérité. La présomption d'innocence est ainsi faite dans ce pays que je n'ai aucune présomption de vérité. Et si le parquet, entend classer l'affaire, il le fera. Mais je trouve que sauter à pieds joints et s'indigner quand on est élu de la République, quand on est porte-parole d'un parti de majorité que des justiciables aient saisi la justice, c'est un problème quand même. Il est peut-être là le problème.»



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