POLITIQUE

Publié le 20 décembre 2020

Crédit vidéo : CNews

Source : https://www.cnews.fr/

Cet avocat s'emporte contre un macroniste

Maître Fabrice Di Vizio était l'invité de Jean-Marc Morandini ce jeudi 18 décembre pour parler de la polémique du diner organisé à l'Élysée.

«Je croyais que le couvre-feu était fait pour éviter les dîners, justement, après 20 heures ?»

Jean-Marc Morandini: «N'oublions pas qu'il y un couvre-feu, également en France, et que le couvre feu, ça veut dire qu'on rentre chez soi à 20 heures et là, le dîner a fini à minuit trente a priori.» Jérôme Dubus: «Vous avez des exceptions dans le couvre-feu, vous le savez très bien.» Jean-Marc Morandini: «Et l'exception, c'est quoi ? Dîner entre potes ?» Jérôme Dubus: «Professionnelle. Vous avez des exceptions professionnelles.» Jean-Marc Morandini: «Et c'était quoi là, l'exception professionnelle ?» Jérôme Dubus: «Bah l'exception professionnelle c'était le rendez-vous de la majorité.» Jean-Marc Morandini: «Donc, on peut être dehors avec l'exception professionnelle ?» Jérôme Dubus: «Sur l'histoire du couvre-feu, je crois que ce n'est pas clair.» Jean-Marc Morandini: «Ce n'est pas clair ? C'est-à-dire ?» Jérôme Dubus: «Non, ce n'est pas clair.» Jean-Marc Morandini: «Je croyais que le couvre-feu était fait pour éviter les dîners, justement, après 20 heures ?» Jérôme Dubus: «Mais non, mais vous pouvez avoir des exigences professionnelles après 20 heures.» Jean-Marc Morandini: «Donc on peut faire des dîners après 20 heures ?» Jérôme Dubus: «Vous pouvez avoir des urgences professionnelles.» Jean-Marc Morandini: «Ah ! C'était une urgence, ça?» Jérôme Dubus: «Vraisemblablement une urgence professionnelle. Enfin, je suppose.» Jean-Marc Morandini: «Non mais arrêtons !» Jérôme Dubus: «Bah si!»

«C'est une violation du couvre-feu»

Jean-Marc Morandini: «Maître Fabrice Di Vizio, bonjour. Merci d'être en direct avec nous. Vous êtes avocat, vous entendez ce qui se dit sur ce plateau depuis tout à l'heure. Vous avez l'air un peu pantois en entendant tout ça.» Maître Fabrice Di Vizio: «Non, non. Le parquet décidera.» Jean-Marc Morandini: «Pourquoi le parquet ?» Maître Fabrice Di Vizio: «Parce que nous, on saisit le parquet aujourd'hui. L'Association Corona Victimes et le collectif Les Pendus qui sont des collectifs de restaurateurs constatent quoi ? Ils constatent qu'il y a un décret du 14 décembre qui instaure un couvre-feu, qu'on ne peut pas sortir entre 20 heures et 6 heures du matin sauf déplacement professionnel ne pouvant être différé ; intéressant, ne pouvant être différé, que moi, j'ai vu les thématiques du dîner de la majorité, l'Écologie dont on nous dit qu'elle ne sera pas au programme avant la fin du quinquennat, on nous explique pour les six prochains mois, et bien donc c'est une violation du couvre-feu.»

«Donc c'était une réunion urgente à l'Elysée ?»

Jérôme Dubus: «Moi, je connais le texte parfaitement. Le degré d'urgence, il sera prouvé si les procureurs continuent à instruire la plainte qui est déposée, ce qui n'est pas sûr du tout.» Maître Fabrice Di Vizio: «Donc c'était une réunion urgente à l'Elysée ?» Jérôme Dubus: «C'était une réunion urgence, oui, c'est clair. Oui, c'était une réunion de la majorité qui était urgente. Mais ça, ça sera facile à prouver, vous verrez.» Jean-Marc Morandini: «Ah bon ?»

«Leur travail, c'est de voter des lois, pas de tenir des réunions de la majorité»

Maître Fabrice Di Vizio: «Alors ça, j'attends ! Si vous voulez bien dans ce pays, on va effectivement de temps en temps tous respirer et se souvenir qu'il y a un principe qui est le principe d'égalité devant la loi et que quand on emmerde les Français pour des raisons sanitaires, le minimum, effectivement, c'est quand on signe des décrets de les respecter. Ca va être intéressant de savoir ce qu'est une réunion ne pouvant être différée, un déplacement professionnel ne pouvant être différé. Par ailleurs, vous m'expliquez que c'est un déplacement professionnel, mais je me permets de vous rappeler, monsieur, qu'être membre d'un parti politique, ce n'est pas une profession, que la profession de ces messieurs, c'est député. Et que donc leur travail, c'est de voter des lois. Ce n'est pas de tenir des réunions de la majorité. Ce qui est une erreur pour la majorité constitue une faute pour 60 millions de Français. Mais vous êtes tous devenus fous, ce n'est pas possible ! Vous savez que ce qui caractérise quand même l'État de droit et la démocratie, c'est quand même le principe d'égalité devant la loi, que lorsque l'on commence à qualifier un comportement d'erreur pour certains et de faute pénale pour d'autres et bien c'est la fin de la démocratie. C'est la fin de l'Etat de droit. Je vais vous donner le problème avec vous c'est que vous avez une interprétation restrictive du décret dès que cela concerne les élus de la majorité. Les élus de la majorité, aujourd'hui, sont au-dessus des textes en permanence avec vous, ça devient agaçant à la fin ! Enfin, est-ce que vous imaginez quand même que moi, je dois expliquer aux restaurateurs aujourd'hui qui sont en train de faire faillite, que finalement, on tient un dîner présidentiel, là où certains se font verbaliser parce qu'ils envisagent de faire dîner dehors ?»

«Arrêtez de la violer et je ne m'attaquerai pas à vous !»

Jérôme Dubus: «Vous vous attaquez à la majorité. C'est bien ça ?» Maître Fabrice Di Vizio: «Mais je ne m'attaque pas à la majorité, monsieur, je m'attaque à ceux qui violent la loi ! Non, mais en l'occurrence, je n'y peux rien si c'est la majorité qui viole la loi ! Arrêtez de la violer et je ne m'attaquerai pas à vous !»



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