POLITIQUE

Publié le 24 mars 2021

Crédit vidéo : Le Média

Source : https://lemediatv.fr/

Covid: Thomas Porcher balance «Tous les politiques qui ont été au pouvoir sont responsables»

L'économiste Thomas Porcher était l'invité de l'émission «L'instant Éco» diffusée sur la web-tv Le Média ce lundi 22 mars 2021.

«Dans la tête de nos dirigeants, l'hôpital, c'est un coût»

Thomas Porcher: «Aujourd'hui encore, dans la tête de nos dirigeants, l'hôpital, c'est un coût. Ce n'est pas un investissement. Vous voyez ? Le personnel soignant c'est un coût et ce sont des fonctionnaires, pour eux, qui sont improductifs alors que c'est faux. Ce sont des gens qui contribuent au PIB et ainsi de suite, tout en ayant en plus une utilité. C'est la logique libérale, ce sont les choix qui ont été appuyés aussi par la Commission européenne. La Commission européenne a eu des injonctions auprès des Etats sur le fait qu'il fallait qu'ils fassent des économies sur l'hôpital et sur la santé. Dès qu'il y a eu le tournant austéritaire en 2011, les premières purges en Espagne, en Italie et en Grèce ont été faites sur l'hôpital, mais y compris aussi en France.»

«On a fermé 70.000 lits en quinze ans»

Thomas Porcher: «En France, on a fermé 70.000 lits en quinze ans. Vous voyez ? On a fermé plusieurs sites hospitaliers. Quand vous regardez l'évolution des dépenses de santé, elles évoluent beaucoup moins vite que ce qu'elles auraient dû évoluer avec le vieillissement de la population. L'investissement à l'hôpital a baissé drastiquement. Il est passé de 11% en 2009 à 5% en 2018. On n'investit plus. Donc vous voyez, on savait en réalité. Aujourd'hui, on ne peut pas faire comme si on ne savait pas. Dès que Macron se déplaçait à l'hôpital, qu'est-ce qu'il se passait? Il y avait toujours une infirmière qui lui disait ou un médecin qui lui disait, on manque de moyens et lui, il répondait, il n'y a pas d'argent magique. Il n'y a pas d'argent magique, c'est ce qu'il disait.»

«Combien de morts aurait-on évité ?»

Thomas Porcher: «Et vous savez, quand il a dit, au 20 heures, oui, il va y avoir un investissement massif dans l'hôpital. Moi, ce qui m'est venu à la tête, c'est de me dire mais comment aurait-on vécu cette pandémie si c'est un investissement massif à l'hôpital avait été fait avant la crise sanitaire ? Combien de morts aurait-on évité ? Combien de burn out chez les soignants aurait-on évité ? C'est ça qui est important. Ça sert à rien de faire de l'investissement après coup. Qui n'a pas été fait globalement. Donc vous voyez ? On a fait une casse, on le savait et donc on a préparé notre impréparation à une quelconque crise. Et c'est là que, moi, j'ai envie de juger justement les politiques qui ont été au pouvoir, ceux qui ont donné moins de moyens, ceux qui ont supprimé des lits, ceux qui ont supprimés des postes.»

«Tous les politiques qui ont été au pouvoir sont responsables»

Thomas Porcher: «Ils sont coresponsables de la manière dont nous avons vécu cette crise sanitaire. Certes, le virus n'était pas prévisible, mais quand vous retirez des moyens à ce qui est le premier bouclier en cas de crise sanitaire, et disons-le, même d'autres types de crise et bien vous préparez quelque part l'impréparation à la crise qui peut arriver. Et donc, là, tous les politiques qui ont été au pouvoir sont responsables. Moi, j'ai envie qu'on les entende là-dessus. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce qu'ils doivent être jugés auprès des citoyens. Parce que là, il y a eu 90.000 morts en France. Combien auraient pu être évités si nous avions un système hospitalier qui était robuste, comme nous l'avait annoncé Véran avant la crise ?»



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