POLITIQUE

Publié le 23 mai 2021

Crédit vidéo : FranceSoir

Source : https://francesoir.fr/

Fabrice Di Vizio fustige les médias: «Sur les plateaux télé, vous avez une dictature de l'opinion»

Fabrice Di Vizio était l'invité de l'émission «Le Grand Défi de la vérité !» diffusée sur FranceSoir ce vendredi 21 mai 2021.

«C'est un champ ouvert pour les vrais dictateurs cette histoire»

Fabrice Di Vizio: «Sur les plateaux télé, vous avez une dictature de l'opinion qui, elle, est complètement contraire aux recommandations diverses et variées. Et finalement, cela ne pose pas de problème. Finalement, dans cette histoire, c'est qu'au fond, à la fin de la fin, et bien, comment je vais dire ? C'est un champ ouvert pour les vrais dictateurs cette histoire. Je trouve ça pas mal sur le fond. Si demain, il me prenait l'envie d'être dictateur, maintenant je sais comment faire. Il suffit de raconter 3 conneries à la minute, de faire peur aux gens pendant un an et de surtout rien lire et le tour est joué en fait. Et je manipule l'opinion.» Humbert Angleys: «Edouard Philippe a dit, il y a un an, en mai, au moment du premier confinement, il a dit : " La liberté va redevenir la règle et l'interdiction, l'exception. " Ce qui est quand même terrifiant venant du Premier ministre.»

«La liberté est la règle, la police l'exception, et nous avons changé ça»

Fabrice Di Vizio: «" La liberté va redevenir la règle ", vous vous rendez compte ? Vous vous rendez compte que le Conseil d'Etat, un rapporteur public devant le Conseil d'Etat, un ancien commissaire du gouvernement en 1914, on ne peut pas dire que la France traversait une époque très heureuse, a été capable de dire que la liberté est la règle, la police l'exception, et nous avons changé ça. Alors évidemment que mon boulot, c'est d'aller dire que la liberté est la règle, la police l'exception.» Humbert Angleys: «C'est votre boulot d'avocat ou votre boulot de citoyen ?» Fabrice Di Vizio: «Et bien vous avez raison de dire ça. En théorie, cela ne devait pas être mon boulot. Cela devrait être celui des profs de liberté publique, mais qui sont restés confinés pendant un an.»

«Ils ne se sont pas mis en vacances, ils sont restés en vacances»

Humbert Angleys: «Vous en voulez aux universitaires, aux grands spécialistes de philosophie, du droit.» Fabrice Di Vizio: «Ah complètement. Absolument. Ils ont déserté la place publique et c'est scandaleux.» Humbert Angleys: «Vous rejoignez François Sureau, par exemple, qui dit que le Conseil constitutionnel et le Conseil d'Etat se sont mis en vacances ?» Fabrice Di Vizio: «Enfin, non, ils ne se sont pas mis en vacances, ils sont restés en vacances.» Humbert Angleys: «Vous allez encore plus loin.» Fabrice Di Vizio: «Un Conseil d'État, parlons en 10 secondes. Qui était conseiller d'Etat ? Edouard Philippe.» Humbert Angleys: «Yves Lévy était même conseiller d'Etat jusqu'en 2019.» Fabrice Di Vizio: «Yves Lévy était Conseiller d'Etat. Donc à un moment donné, vous avez le Conseil d'État, à qui vous demandez, c'est très amusant d'ailleurs, juge des référés libertés, Christine Maugüé.»

«Juger l'administration, c'est encore administrer»

Fabrice Di Vizio: «Christine Maugüé, je la connais bien, elle a été ma prof en maîtrise sur les droits publics et économiques. Très bien, très bien son cours était très intéressant. Déjà rapporteur public au Conseil d'Etat, et finalement ensuite, elle est passée au cabinet de Christiane Taubira, elle est retournée au Conseil d'Etat. Forcément, vous ne pouvez pas demander, si vous voulez, au Conseil d'Etat, à un moment donné, de déjuger le gouvernement en pleine crise parce qu'une carrière, ça se fait et ça se défait dans les crises.» Humbert Angleys: «C'est ce que disait Thibault Mercier, qu'on avait invité du Cercle Droits et libertés, qui est un confrère avocat qui disait qu'il y avait une endogamie, en fait, entre les administrations, le Conseil d'État qui est censé être relativement indépendant et les cabinets.» Fabrice Di Vizio: «Tout à l'heure, j'ai sauté une étape, je citais Henrion et pour autre chose, en fait, il avait dit : " Juger l'administration, c'est encore administrer. "»



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