SANTÉ

Publié le 21 mars 2021

Crédit vidéo : CNews

Source : https://cnews.fr/

Ce médecin s'agace et fustige lourdement un député Macroniste

Le docteur Jean-Paul Hamon était l'invité de l'émission «Soir Info» diffusée ce jeudi 18 mars 2021 sur CNews.

«Vous êtes en train de dégrader la qualité de prise en charge des patients»

Julien Borowczyk (Député LREM): «Je vais vous citer un exemple très concret ce soir. Vous voyez, juste avant l'émission, entre mon arrivée de Paris et l'émission, je suis allé à une réunion de constitution d'une communauté professionnelle territoriale de santé. Ça vous parle, chers confrères ? Nous avons mis les moyens pour développer ça, pour que les praticiens, les médecins en particulier, arrivent à mieux travailler avec moins de contraintes. Vous saviez combien il y avait de médecins traitant ce soir à la réunion ? Un seul. Moi. Personne ne veut venir, personne ne veut participer.» Dr Jean-Paul Hamon: «Vous critiquez une fois de plus les médecins libéraux qui n'étaient pas à votre réunion. Je regrette les médecins libéraux. Ils en ont plein le dos. Ça fait un an que ça dure. Ça fait un an qu'ils sont méprisés. Ça fait un an qu'ils sont oubliés. Vous pouvez faire toutes les moues que vous voulez mais quand vous êtes au Conseil de l'ordre avec le président Broué et Thomas Meynier, en présence du docteur Pinard, vous convenez qu'il faut réformer le système de ville. Vous convenez ça. Là, on est dans un système à la rue, où les médecins ont été méprisés. Ils sont allés au boulot sans masque. Ils sont allés au boulot sans test et pendant la pandémie, il y a un arrêté qui est publié osant dire que les pharmaciens vont pouvoir apprendre à palper les lombaires après une formation de quatre heures, vous entendez ? C'est la médecine en dix jours. Vous avez des députés qui ont soutenu une proposition de faire un métier intermédiaire entre infirmiers et médecins parce que vous n'êtes pas foutus de redonner de l'attractivité au métier de médecin généraliste qui disparaît actuellement. Vous êtes en train de vouloir recréer les officiers de santé du temps de Madame Bovary. Vous êtes en train de dégrader la qualité de prise en charge des patients. Vous avez des télécabines qui sont en train de fleurir dans Paris intra muros, dans les pharmacies pour multiplier les téléconsultations. Tout ça dans l'impunité. Vous êtes en train de donner les données de santé des Français à Doctolib. Là, je peux vous dire que les médecins qui ne vont pas à votre réunion, ils ont raison, 100 fois raison parce qu'ils en ont marre comme moi.» David Guiraud: «Ça fait mal, ça fait mal.»

«On est en train de siphonner les données des Français avec ce système de vaccination»

Dr Jean-Paul Hamon: «Depuis le début de cette pandémie, on méprise la médecine de ville, on méprise les médecins libéraux. On les a laissés bosser sans masque. Quand il s'est agi de verser des primes, les internes qui faisaient leur stage en médecine générale étaient initialement privés de primes, mais ceux de l'hôpital l'avait. Les médecins, les chirurgiens qui étaient dans les cliniques qui ont été déprogrammés justement pour appliquer le plan blanc, ils n'ont pas eu primes. Ils n'ont pas été indemnisés. Ces gens là, ils sont transformés en aides-soignants pour laver les malades atteints du Covid, etc. Donc, si vous voulez, la médecine libérale est complètement oubliée depuis des années. La France est en train de se désertificatier de ses médecins libéraux. On ne donne pas les moyens à la médecine de ville d'éviter les hospitalisations et de les raccourcir. Là, pour l'organisation des soins non programmés, on a demandé un 116 117 libéral qui régule l'accès aux urgences, qui répond aux Français pour prendre en charge toutes les pathologies des gens pour leur éviter d'aller à l'hôpital. Est-ce que vous croyez qu'on a le moindre financement pour cela ? Non. On est en train de faire des cadeaux à Doctolib. On est en train de siphonner les données des Français avec ce système de vaccination. On est en train de préparer le lit à Doctolib pour le système d'accès aux soins. Alors là, justement, ils vont avoir l'ensemble des données des Français et on les laisse faire un logiciel métier comme ça. Non seulement ils auraient le portable, le mail et leurs pathologies mais on saura de quoi ils souffrent. Il y a un système de désorganisation du système de santé. On a une occasion unique et là, on est en train de la rater.»



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