SANTÉ

Publié le 27 août 2021

Crédit vidéo : CNews

Source : https://cnews.fr/

Cette psychologue recadre un journaliste sur le passe: «Je crois que vous êtes naïf»

Marie-Estelle Dupont était l'invitée de l'émission «L'Heure des pros» diffusée sur CNews ce jeudi 26 août 2021.

«Moi, ça me fait peur cette société»

Marie-Estelle Dupont: «Attention, on a mis le doigt dans l'engrenage de quelque chose qui est dangereux pour la société future qu'on décide. Mais ce qui me préoccupe le plus, c'est que j'ai l'impression que dans la jeune génération, il y a une docilité par rapport à ça et qui leur semble même normal que l'on aille dans la continuité. Après le passe sanitaire ce sera un passe écologique, on sera contrôlé, on aura une alarme sur le téléphone parce qu'on a trop pris l'avion ou qu'on a trop de déchets. Moi, je n'ai pas envie de cette société.» Pascal Praud: «Moi, ça me fait peur cette société, ce n'est pas aux restaurateurs et ce n'est pas à mon patron de vérifier si je suis vacciné ou pas. Ça me fait peur !» Marie-Estelle Dupont: «Ce qui m'inquiète, c'est qu'au nom du confort, du "c'est pratique", on mette en place quelque chose qui fasse que les gens ne pensent plus et que l'on soit dans une uniformité totale. Or, une société n'est créative économiquement et pacifique culturellement que si les subjectivités peuvent trouver leur place. Il n'y a aucun parti qui se démarque franchement en disant : " Mais attendez le passe sanitaire, il est sanitairement et philosophiquement révoltant. " On décide qu'au nom du bien, il y a des gens qui sont des traîtres à la patrie. Et moi, le " au nom du bien " , je sais que l'enfer est pavé de bonnes intentions, ça me fait très peur. Donc, évidemment, je ne veux pas être pour qu'on décime cette société.»

«Je crois que vous être naïf !»

Pascal Praud: «Et demain on dira que je ne veux pas prendre ma voiture pour les mêmes raisons. Au nom du bien, le climat je l'abîme, tu laisses ta voiture au garage, tu prends ton vélo.» Jérôme Béglé: «Au nom du bien, on a mis dans toutes les villes de la vidéoprotection, tout le monde en est content. Au nom du bien, vous avez une médecine du travail qui, tous les 3/4 ans, vérifie que les salariés, les gens avec qui vous travaillez, ont un état de santé convenable et qui n'ont pas des maladies cachées qui pourraient leur interdire ou en tout cas...» Pascal Praud: «On a compris. Et alors ?» Marie-Estelle Dupont: «Et alors ?» Jérôme Béglé: «Alors on va rajouter un "au nom du bien". Au nom du bien à partir du moment où il y a une situation sanitaire particulière, grave, on va imposer un document provisoir qui est un mal nécessaire. Je ne vois pas en quoi ceci serait bien plus dangereux et bien plus attentatoire à mes libertés que les trois ou quatre exemples que j'ai cités avant.» Marie-Estelle Dupont: «Mais je crois que vous être naïf !»

«La politique de la peur»

Marie-Estelle Dupont: «Moi, je crois qu'on crée plutôt de la culpabilisation et de la résistance chez les gens au lieu de les responsabiliser, mais c'est mon point de vue.» Pascal Praud: «Ce Covid tape sur la tête ?» Marie-Estelle Dupont: «Beaucoup, mais ce n'est pas tant le Covid que ce qu'on en fait, en fait qui nous tape sur le système.. Parce que la maladie, ça fait partie de la vie.» Pascal Praud: «Je suis d'accord, mais c'est ce qu'on appelle parfois ici : la politique de la peur...» Marie-Estelle Dupont: «La peur, la culpabilisation, la manière dont on a inversé les valeurs. A précipiter aussi bien des étudiants que des gens qui sont à leur compte, des personnes âgées qui on été complètement isolées au nom du bien et poussées dans des syndromes de glissement. D'ailleurs il y a une étude qui est sortie par des psychiatres américains qui montrent que les décompensation dans des états psychotiques, c'est-à-dire de rupture complète avec la réalité, ont explosé pendant la crise du Covid.»



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