SANTÉ

Publié le 17 septembre 2021

Crédit vidéo : CNews

Source : https://cnews.fr/

Cette psychologue tire la sonnette d'alarme: «Qu'on foute la paix aux enfants»

La psychologue Marie-Estelle Dupont était l'invitée de l'émission «L'Heure des Pros» diffusée sur CNews ce jeudi 16 septembre 2021.

«Elles avaient accouché avec un masque»

Marie-Estelle Dupont: «Le passe sanitaire, pour moi, c'est très grave moralement et philosophiquement. Quand on voit ce sujet sur cette dame qui parle de son accouchement, il faut comprendre que ça fait un an et demi. Moi j'ai accouché pendant le premier confinement. J'ai des ressources, c'est mon métier. J'entendais les femmes enfermées dans leur chambre, elles n'avaient pas le droit d'aller à la nurserie. Elles étaient primipare, c'était leur premier bébé. Elles n'avaient pas de mari, elles avaient accouché avec un masque. Vous vous rendez compte des détresses psychiques que l'on crée à un moment aussi important que celui de donner la vie ? Et idem pour ceux qui ne pouvaient pas voir leurs proches mourir d'un cancer. Je ne fais pas des femmes enceintes des gens qui doivent avoir un traitement particulier, mais quand même, il y a un minimum de respect pour la vie quand même ! En ce moment, il y a des crises terribles. Dans les services de pédopsychiatrie, on est submergé par les ados, ils s'effondrent, la rentrée est catastrophique. Ils sont dans des amphis bondés avec le masque, ils tombent dans les pommes pendant des cours magistraux qui durent trois heures et demie. Ça n'est pas normal.»

«Au nom de la santé, on détruit la santé»

Marie-Estelle Dupont: «Au nom de la santé, on détruit la santé. Je ne comprends pas l'aberration de ce passe sanitaire. C'est-à-dire qu'on a eu des pompiers, des infirmières, des psychologues qui ne voulaient pas être vaccinés et qui ont dû arrêter.» Jean-Claude Dassier: «On se demande pourquoi d'ailleurs ?» Marie-Estelle Dupont: «Oui, mais ce n'est pas le problème.» Jérôme Béglé: «Ah ba, quand même. Si.» Marie-Estelle Dupont: «Non, mais c'est pas vrai. Parce que moi, en tant que psychologue, je n'ai pas à dire faites vous vacciner, vous faites pas vacciner, ce n'est pas le débat du vaccin. C'est le débat de la liberté qui fait qu'on met des soignants au pays de l'État providence sur le carreau. Ce n'est pas le problème. On n'est pas des êtres de chiffres, on est des êtres de parole. Comment on peut applaudir des gens en 2020 et en 2021 dire : " Il faut leur passer les menottes s'ils ne sont pas vaccinés. " Un minimum de dignité quand même !» Jean-Claude Dassier: «Non mais ce n'est pas un problème de dignité. Quand vous êtes soignants et que vous refusez de vous faire vacciner, vous prenez le risque de contaminer ceux que vous êtes censés guérir. Ça s'appelle une faute professionnelle, chère madame.» Marie-Estelle Dupont: «Ça n'est pas mon problème, Jean-Claude.» Jean-Claude Dassier: «Oui mais c'est ennuyeux. Ça, c'est le mien.»

«Qu'on foute la paix aux ados et aux enfants»

Marie-Estelle Dupont: «Quand j'ai travaillé à l'hôpital, j'étais vaccinée contre l'hépatite B, etc. Moi, ce n'est pas ça le sujet. Le sujet c'est : qu'est-ce qu'on est en train de faire de notre société. On est en train de la fracturer. On est en train de dresser les ados contre les parents.» Jérôme Béglé: «Il n'a pas que ça qui la fracture.» Marie-Estelle Dupont: «Mais on est en train de l'achever. On joue à saute-mouton avec l'autorité parentale, on humilie les soignants, on humilie les parents.» Jean-Claude Dassier: «On humilie les soignants ? Mais pas du tout.» Marie-Estelle Dupont: «Je pense que McKinsey est payé assez cher pour donner des bons conseils de com. Mais moi, je ne vois pas comment on fait de la communication avec du mépris. Je préconise qu'on ne demande pas aux enfants de porter les parents et qu'on foute la paix aux ados et aux enfants, qu'on leur enlève le masque. Pour le vaccin, je ne suis pas experte, ce n'est pas mon sujet.»

«Aujourd'hui pour être un citoyen adapté, il faut être un ado régressé»

Jean-Claude Dassier: «Les enfants rois a qui on ne peut plus rien dire sans que cela provoque des drames.» Marie-Estelle Dupont: «Mais c'est nous les adultes rois. On leur demande de porter nos peurs, on leur demande de porter nos problèmes. Aujourd'hui pour être un citoyen adapté, il faut être un ado régressé : ne sors pas de chez tes parents, ne montre pas ton visage.» Jérôme Béglé: «Mais ça c'est vraiment conceptuel !» Marie-Estelle Dupont: «Mais vous avez vu l'explosion ? Six fois plus d'admissions en pédopsychiatrie à l'hôpital Necker ? Ce ne sont pas mes chiffres. L'année dernière, en septembre, j'ai fait hospitaliser alors que je ne suis pas médecin, six fois plus d'ados que les autres années, depuis 15 ans. Mais il n'y a pas de problèmes, tout va bien au pays des lutins, après moi le déluge.»



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