SANTÉ

Publié le 16 mai 2021

Crédit vidéo : RTL

Source : https://rtl.fr/

Élise Lucet lâche une bombe: Les données de votre Carte Vitale potentiellement captées par une société privée ?

La journaliste Élise Lucet était l'invitée de l'émission «On refait la télé» diffusée sur RTL ce samedi 15 mai 2021.

«Le leader mondial des datas de santé dans le monde»

Éric Dussart: «Ce qui va faire grand bruit dans cette enquête, dont tout le monde va parler sans nul doute, c'est aussi le fait que ces données ne sont pas seulement récupérées par Internet ou nos téléphones, mais aussi (on l'apprend dans Cash Investigation) via la Carte Vitale.» Élise Lucet: «Eh oui, alors là, ça a été une énorme surprise pour nous. Et là, coup de chapeau encore à Linda Bendali qui a réalisé ce film, parce qu'elle a fouillé dans les dossiers de la CNIL. Elle s'est intéressée particulièrement aux données de santé, parce qu'on est tous hypersensibles à la confidentialité de ces données de santé. Et elle est tombée sur une autorisation de la CNIL qui a été donnée à une société privée qui est juste le leader mondial des datas de santé dans le monde.»

«Toutes les données... Absolument tout va être rentré dans un logiciel»

Élise Lucet: «Cette société s'appelle IQVIA, et donc IQVIA a eu l'autorisation de passer un partenariat avec les pharmacies. Ce qui fait qu'à chaque fois que vous présentez votre Carte Vitale dans une pharmacie, toutes les données de ce que vous achetez : médicaments ou parapharmacie, absolument tout va être rentré dans un logiciel.» Éric Dussart: «Sans que l'on nous demande notre consentement là encore ?» Élise Lucet: «Normalement, on devrait absolument vous le demander. Normalement, on devrait : 1) Absolument vous prévenir. 2) Absolument vous demander votre consentement. C'est obligatoire ! Le consentement explicite, c'est dans la loi, on doit vous le demander. Or, nous avons fait le test dans 200 pharmacies, zéro affichette.»

«Le logiciel faisait qu'on ne pouvait pas enlever un seul patient»

Élise Lucet: «Petite précision, ils vous disent que ces données de santé sont anonymisées. C'est-à-dire qu'il n'y a plus le nom et le prénom. Le problème, c'est que dans l'enquête de Cash Investigation, on prouve que cette anonymisation par le nom et le prénom, c'est un peu peanuts, c'est faux. Nous, ce que l'on a prouvé aussi dans Cash Investigation, c'est que jusqu'alors, si par hasard on avait demandé à un patient l'autorisation et qu'il avait refusé, le logiciel faisait qu'on ne pouvait pas enlever un seul patient. Et donc, comme par hasard, j'ai fait l'interview du patron d'IQVIA France et deux mois après, le bug a été réglé et on peut maintenant enlever sans problème un patient du logiciel alors qu'avant, ça n'était pas possible. Donc, si ça n'était pas possible d'enlever un patient, c'est bien la preuve que les patients n'étaient pas du tout informés et qu'on ne leur laissait pas cette possibilité de refuser la captation de leurs données.»



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