SANTÉ

Publié le 18 juillet 2021

Crédit vidéo : BFM

Source : https://bfmtv.com/

François Ruffin sur le pass sanitaire: «Tout le monde devient le flic de tout le monde»

François Ruffin était l'invité de l'émission «Bourdin Direct» diffusée sur BFMTV ce vendredi 16 juillet 2021.

«C'est-à-dire que tout le monde devient flic de tout le monde»

François Ruffin: «Là, on a un monarque absolu qui nous dit depuis six mois que le pass sanitaire ne sera jamais un droit d'accès qui différencierait les Français. Qui nous a dit : "Je le dis et je je le répète, ce ne sera pas obligatoire. " Olivier Veran disait qu'il n'y aura pas d'obligation. Yaël Braun-Pivet a dit lors de la commission des lois : " J'ai tenu à inscrire noir sur blanc dans la loi qu'un restaurant, un cinéma, un théâtre ne pourra pas l'exiger. " Sur le site du gouvernement est marqué : " En aucun cas il s'agira d'appliquer ce pass dans ce qui fait la vie quotidienne des Français. " Et on a le président de la République qui apparait un lundi soir et qui, en 10 minutes, décide de bouleverser la vie des Français. Hier, je me retrouve au restaurant et la cuisinière me dit : " Moi, je fais ça pour être cuisinière, je ne fais pas ça pour être policière. Je vais devoir demander le téléphone portable, les papiers d'identité à l'entrée du restaurant. " C'est-à-dire que tout le monde devient flic de tout le monde. Est-ce que c'est comme ça que l'on a envie de vivre? Je ne crois pas. Ça veut dire que nous ne sommes plus des citoyens, nous sommes transformés en sujets. Et nous sommes ballottés au gré des décisions d'un seul homme. Moi, je vis ça comme une humiliation.»

«Il faut réfléchir complètement autrement par rapport à cette maladie»

Apolline de Malherbe: «Vous vous sentez humilié par le président ?» François Ruffin: «Oui, je me sens humilié par cette manière de prendre les décisions, en n'étant absolument pas consulté, en n'ayant absolument pas un temps de réflexion entre nous, il n'y a rien.» Apolline de Malherbe: «Pardon, mais le variant ne nous laisse pas vraiment de temps de réflexion. Après moi, je ne parle pas des décisions politiques, mais la réalité sanitaire n'est pas une réalité que l'on peut tellement anticiper.» François Ruffin: «D'abord, il pourrait y avoir d'autres alternatives.» Apolline de Malherbe: «Lesquelles ?» François Ruffin: «Je pense que désormais il faut réfléchir complètement autrement par rapport à cette maladie. C'est-à-dire qu'à la place de se dire : " Il va falloir que le plus grand nombre se rende dans des centres pour le faire. " Et moi, ce qui m'inquiète le plus en vérité, c'est que j'ai un gosse de 12 ans et demi et franchement, pour mon gamin, je ne sais pas si ça vaut le coup de le faire. Et je pense que ça ne vaut pas le coup parce qu'il y a zéro risque qu'il décède de cette maladie, on le sait, ils ne sont pas touchés.»

«Le conseiller du prince Emmanuel Macron»

François Ruffin: «En revanche, on a le Conseil consultatif national d'éthique qui, pour les enfants dit : " Le recul existant ne permet pas d'assurer la pleine sécurité de ces nouveaux types d'inoculations protectrices chez l'adolescent. " Ils font des pages et des pages entières. Le Conseil national d'éthique, qui est présidé par qui ? Vous le savez ? Par Jean-François Delfraissy. C'est-à-dire le conseiller du prince Emmanuel Macron, qui rend un avis le 9 juin.» Apolline de Malherbe: «Le président du conseil scientifique.» François Ruffin: «Le président du conseil scientifique qui d'ailleurs n'est pas consulté là-dessus, tout ça, ça se passe sans le conseil scientifique.» Apolline de Malherbe: «Il a été beaucoup consulté à une époque.»

«On vient de remettre en cause un principe fondamental de l'éthique médicale»

François Ruffin: «Oui, à une époque. Même ça, qui est quand même l'organe fabriqué de la main d'Emmanuel Macron, il n'a pas rendu d'avis pour dire: il faut le pass sanitaire et l'obligation. J'insiste sur cette histoire des gamins de 12 à 18 ans parce que, normalement, on propose l'inoculation protectrice quand il y a un bénéfice qui va être supérieur aux risques.» Apolline de Malherbe: «Mais vous ne pensez pas qu'individu ! François Ruffin, vous êtes le premier à nous dire en permanence : cette société est devenue trop individualiste, il faut penser collectif. Précisément, l'exemple des jeunes immunisés par l'inoculation protectrice, c'est sur cet argument là, qui est l'argument du collectif.» François Ruffin: «Interrogeons-nous là-dessus. Mais je dis juste que lundi soir, en dix minutes, on vient de remettre en cause un principe fondamental de l'éthique médicale qui est que l'on n'a pas le droit d'utiliser une personne pour une autre.»



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