SANTÉ

Publié le 21 mars 2021

Crédit vidéo : Sud Radio

Source : https://sudradio.fr

Gérald Kierzek dénonce ce confinement: «C'est une mise sous cloche, une assignation à résidence !»

Le docteur Gérald Kierzek était l'invité de l'émission «Bercoff dans tous ses états» diffusée ce vendredi 19 mars sur Sud Radio.

«On a l'impression que rien n'a changé et que l'on est toujours face à un virus tueur mystérieux chinois»

Gérald Kierzek: «Quand on sait que le problème est structurel, il est sur les réanimations. Quand le problème on sait qu'il est sur des clusters. Quand on sait qu'on a maintenant des autotests. Quand on sait que l'on a éventuellement des traitements précoces. Tous ces sujets là, on attend qu'ils soient adressés et pas uniquement une mise sous cloche. On a l'impression que rien n'a changé et que l'on est toujours face à un virus tueur mystérieux chinois alors que c'était il y a un an et que l'on voit bien que la situation a quand même grandement évolué, que les problèmes, on les connait. C'est sûr que c'est plus une maladie de l'intérieur de l'extérieur que de l'extérieur, ça, c'est clair. Mais alors, pourquoi mettre tout le monde à l'intérieur, confiné en télétravail et assigné à résidence ? Parce que finalement, l'histoire des 10 km autour de la résidence, on a une souplesse de 10 km mais c'est une assignation à résidence.»

«Le confinement, j'ai un peu peur que ça ne change pas grand chose pour vider les réanimations»

Gérald Kierzek: «On a un discours très anxiogène où on a l'impression, et franchement, le ministre à chacune de ses allocutions, donne l'impression que la réa déborde, que les gens meurent sur les trottoirs, qu'on ne peut pas accueillir de monde. Et là, on dit aux gens finalement non, on va pouvoir vous soigner, mais c'est ce message qu'il faut donner aux gens. On va vous soigner, l'hôpital, venez-y quand il y a besoin que ce soit pour un problème physique ou un problème psychologique.» André Bercoff: «Mais il y a des traitements avant.» Gérald Kierzek: «Et il y a des traitements : l'oxygène, la dexamethasone, les anticoagulants et les antibiotiques, s'il le faut, et ces traitements là, il faut les donner précocement. Donc, il ne faut pas dissuader les gens de venir, au contraire, en leur disant ça déborde de partout. Il y a un problème de saturation sur la réa, ça, c'est sûr. Entre parenthèses, le confinement, j'ai un peu peur que ça ne change pas grand chose pour vider les réanimations, je ferme la parenthèse. Mais les autres, il faut que les gens viennent, se fassent soigner. Il ne faut pas dissuader les gens. De même qu'il faut arrêter de déprogrammer et qu'il faut augmenter les capacités hospitalières.»

«Les lits en réannimation : il y en avait 5.000, puis 10.000, puis 12.000 et puis il n'y a plus rien»

André Bercoff: «Je voudrais vous faire écouter ce que disait Olivier Véran, ministre de la Santé le 27 août 2020. Je dis bien le 27 août 2020. Ecoutez.» Olivier Véran: «Si la situation le nécessite, ce sont donc 12000 lits de réanimation qui pourraient être disponibles dans notre pays pour accueillir près de deux fois plus de patients en même temps que lors de la première vague de l'épidémie. En anticipation, une attention particulière, bien sûr, a été portée aux ressources humaines.» André Bercoff: «Alors là, les bras m'en tombent quand même. Je voudrais vraiment comprendre. En août, il disait, il n'y a aucun problème. Si la situation nécessite 12.000 lits de réanimation qui pourraient être disponibles. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui se passe ? Ca a disparu comme ça ? C'est la baguette magique. Il y en avait 5.000, puis 10.000, puis 12.000 et puis il n'y a plus rien. Il n'y en a pas assez, là on ne comprend vraiment pas.»

«Plutôt que d'enfermer tout le monde, on pourrait se dire que ça serait bien de donner un peu d'oxygène à la réanimation»

Gérald Kierzek: «C'était une annonce politique de dire ne vous inquiétez pas, dormez tranquille, il y aura 12.000 lits. Et c'est vrai que les capacités avaient été augmentées, pas jusqu'à 12.000, mais avaient été augmentées en prenant des salles de réveil, en transformant des unités. 5.000 lits actuellement, on nous dit que c'est saturé. Oui, c'est saturé, mais si la situation le nécessite et bien elle le nécessite, non ? Parce que plutôt que d'enfermer tout le monde, on pourrait se dire que ça serait bien de donner un peu d'oxygène, sans mauvais jeu de mots, à la réanimation.»



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