SANTÉ

Publié le 23 janvier 2021

Crédit vidéo : RT France

Source : https://francais.rt.com/

Laboratoires Pfizer et BioNTech: Tout pour l'argent ?

Vaccin Pfizer/BioNTech: la polémique de la sixième dose.

«Un flacon doit en principe permettre de vacciner au moins six personnes»

C'est l'histoire d'une bonne nouvelle, finalement pas si bonne que cela. Sur la première notice d'utilisation de son vaccin anti-Covid, Pfizer BioNTech indique qu'un flacon contient cinq doses de vaccin et qu'il permet donc de vacciner cinq personnes. Pour bien comprendre, il faut savoir que le vaccin Pfizer nécessite une petite préparation avant de pouvoir être injecté. A un flacon de vaccin, le soignant doit ajouter 1,8 millilitres de chlorure de sodium, ce qui donne 2,25 millilitres de produit injectable par flacon. La dose qui doit être administrée à chaque patient étant de 0,3 millilitres de produit. Un flacon doit en principe permettre de vacciner au moins six personnes. Rapidement, les équipes vaccinales s'en rendent compte et relayent l'information. L'Agence européenne du médicament l'EMA s'y intéresse à son tour et décide de valider l'utilisation de cette sixième dose ou dose bonus mais avec un protocole assez strict.

«Il est parfois difficile pour le personnel soignant de prélever du flacon la fameuse sixième dose»

«Le Comité des médicaments à usage humain CHMP de l'EMA recommande de mettre à jour les informations sur le produit, Comirnaty pour préciser que chaque flacon contient six doses du vaccin. Pour extraire 6 d'un seul flacon, des seringues et / ou des aiguilles dites " à faible espace mort " doivent être utilisées. L'espace mort de la combinaison seringue et aiguille " à faible espace mort " ne doit pas dépasser les 35 microlitres. Et si des seringues et des aiguilles standard sont utilisées, il se peut qu'il n'y ait pas assez de produit pour extraire une sixième dose d'un flacon. "» Mais dans la pratique, et compte tenu de ce protocole, il est parfois difficile pour le personnel soignant de prélever du flacon la fameuse sixième dose. D'autant que tous n'ont pas accès aux fameuses seringues préconisées par l'Agence.

«Là, on est relativement inquiet»

Jérôme Marty (Médecin): «Pour l'instant, les médecins se débrouillaient. Bien souvent, ils amenaient leurs propres aiguilles parce que les aiguilles qui étaient livrées par la DGS, par la Direction générale de la santé, n'étaient pas les bonnes. D'ailleurs, dans son communiqué, la Direction générale de la santé, dans le communiqué qu'elle a sorti à l'APM, je crois, hier soir, nous dit que'elle rassure tout le monde, qu'elle va donner le protocole. Elle est gentille, on ne l'avait pas attendu. Mais qu'elle va aussi livrer le bon matériel mais pourquoi ne l'a-t-elle pas fait plus tôt ? Elle va livrer le bon matériel. Là, on est relativement inquiet parce que soit elle l'a ce matériel et à ce moment là, elle pouvait le livrer, soit elle ne l'a pas et on retombe dans la problématique des masques au mois de mars. On va acheter des seringues certifiée à un moment où la demande mondiale. On va se heurter à une concurrence internationale et on risque de ne pas être livré.»

«Le laboratoire a donc saisi la perche»

Outre les problèmes liés à l'absence de matériel adéquate, Pfizer, de son côté, se base sur la décision de l'Agence européenne du médicament. Jusqu'à présent, le laboratoire livrait les pays acheteurs à raison de cinq doses par flacon. Ce nombre de doses ayant été relevé à 6, le laboratoire a donc saisi la perche pour adapter ses livraisons de vaccins, ce qui n'était alors qu'une dose bonus devient une dose en tant que tel.

«La France devrait donc ainsi recevoir 20% de flacons en moins que ce qui était prévu pour le même prix»

«Nous allons tenir nos engagements de livraison auprès des Etats conformément aux commandes qui ont été passées - celles-ci ont toujours été basées sur un nombre total de doses et non de flacons - et conformément à l'étiquetage approuvé dans chaque pays.» Une pirouette qui permet à Pfizer de baser ses livraisons sur l'équation : un flacon égal six doses. La France devrait donc ainsi recevoir 20% de flacons en moins que ce qui était prévu pour le même prix. Le laboratoire, lui, a relevé ses objectifs de production pour 2021, grâce notamment à ce recalibrage et à la montée en puissance de ses sites de production de 1,3 milliard de doses, Pfizer estime être en mesure d'en produire deux milliards, avec à la clé un bénéfice non négligeable pour le groupe américain.



Partager cette page