SANTÉ

Publié le 01 avril 2021

Crédit vidéo : Europe 1

Source : https://europe1.fr/

On devra bientôt trier les patients? «C'est faux !» s'insurge ce médecin

Patrick Pelloux était l'invité de l'émission «Europe Soir» diffusée sur Europe 1 ce mercredi 31 mars 2021.

«Il faut relativiser, ça n'est pas non plus la bérézina»

Julian Bugier: «C'est vrai qu'il y a, depuis plusieurs jours, des médecins d'Ile-de-France notamment, qui disent ne plus s'en sortir. Et vous, à l'inverse, vous dites attention, il faut relativiser, ça n'est pas non plus la bérézina.» Patrick Pelloux: «Mais je vous le confirme. J'ai travaillé toute la journée. Il y a une activité de patients qu'il faut prendre en charge sur la Covid19, mais ça ne monte pas. D'accord ? Je vous le dis avec toute la solennité que c'est. J'ai regardé avant de venir, vous voyez, j'ai le tableur de toute l'activité des services des urgences et bien, ce n'est pas du tout comme en mars de l'année dernière. D'accord ? Et donc, non, ce n'est pas la bérézina. Alors je sais bien qu'ils ont fait un coup politique parce que c'est un véritable coup politique puisqu'ils se sont adressés directement, et je comprends parce que ce sont des personnalités du monde de la médecine qui se sont adressés directement au chef de l'Etat.»

«Nous avons une dictature médicale qui s'instaure en France»

Julian Bugier: «Vous parlez des grands noms de la médecine qui ont publié la tribune dans le Journal Du Dimanche et dans Le Monde ?» Patrick Pelloux: «Oui, oui, oui, mais toujours est il qu'ils ont paru ça, c'est donc un coup politique qu'ils ont fait et donc le rapport devient extrêmement politique et donc il faut savoir ce que l'on veut. Si nous avons une dictature médicale qui s'instaure en France pour faire et cloisonner tel qu'ils le veulent puisqu'ils veulent un confinement dur comme l'année dernière, c'est-à-dire on ferme la France. On a vu les conséquences en deux mois, on a une crise sociale monstrueuse, la pauvreté a monté d'un million, vous avez une exclusion scolaire, les gens sont malheureux, les psychiatres débordent leurs consultations et les pédopsychiatres aussi. Et le retard scolaire est une réalité.»

«Oser comparer la situation avec les attentats, je trouve cela inique et totalement déplacé»

Julian Bugier: «Vous êtes en colère Patrick Pelloux, vous êtes très en colère ?» Patrick Pelloux: «Pourquoi ne pas être en colère avec tout ce qui se passe ? Il y a un moment donné, je le vois dans mon métier, j'ai bossé toute la journée, les gens sont tristes, les gens sont malheureux, les gens sont très inquiets. Il faut voir les conséquences de ce que cela a. C'est-à-dire des médecins qui disent on va trier et sélectionner les malades. Mais vous vous rendez compte ? Alors que c'est faux.» Julian Bugier: «C'est la question que j'allais vous poser, Patrick Pelloux. Vous m'avez devancé. Faire croire que l'on va sélectionner les malades et les trier, comme cela a été dit dans cette tribune du Journal Du Dimanche et du Monde, c'est faux ? Ce n'est pas le cas ?» Patrick Pelloux: «Mais c'est faux. Et d'ailleurs, le porte-parole du gouvernement vient de le dire et il a raison de le dire, c'est une méconnaissance. En plus de cela, permettez-moi de vous dire, en tant que victime des attentats de Charlie Hebdo, d'oser comparer la situation de la crise épidémique avec les attentats, je trouve cela inique et totalement déplacé.»

«La médecine de catastrophe, on n'ignore personne»

Julian Bugier: «Vous avez le sentiment que ces médecins sont sortis de leur rôle ?» Patrick Pelloux: «Je ne sais pas. Ils se sont peut-être emportés comme ça. Je ne sais pas. Ce sont des gens très intelligents, ce sont des gens qui ont fait des carrières hospitalières remarquables. Je ne sais pas ce qui leur a pris, mais simplement dire à vos auditeurs que la fameuse notion de tri c'est ce qui a organisé les trente dernières années de notre système de santé. Si vous avez un infarctus, je viens vous chercher avec le SAMU. Je vous emmène en cardiologie. En quelque sorte, je vous trie. Si vous avez une douleur abdominale, je vais vous emmener au scanner digestif et puis voir le chirurgien si la chirurgie est digestive. Donc, quelque part, il y a ces tris-là. Mais il y en a qui ont osé dire qu'on allait faire du tri de médecine de catastrophe. Ils ignorent ce qu'est la médecine de catastrophe, la médecine de catastrophe, on n'ignore personne.»



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