SANTÉ

Publié le 24 mai 2021

Crédit vidéo : LCI

Source : https://lci.fr/

Sur LCI, cette psychologue ne se démonte pas et dénonce sans ménagement «l'utilisation de la peur»

La psychologue Marie-Estelle Dupont était l'invité de l'émission «Brunet Direct» diffusée sur LCI ce vendredi 21 mai 2021.

«La peur qui a été utilisée pour aggraver la menace»

Marie-Estelle Dupont: «Karine Lacombe, c'est quelqu'un qui dit quelque chose de très intéressant. Elle dit qu'elle consulte un psy parce qu'elle a peur que la vie s'arrête et là, on voit bien comment la peur qui a été utilisée pour aggraver la menace, pour inciter les gens à obéir aux recommandations, ce n'est pas seulement être gouverné par la peur, c'est aussi que ceux qui décident sont eux-mêmes gouvernés par leur peur.» Eric Brunet: «Vous avez vu les Britanniques sur cette question là ?» Marie-Estelle Dupont: «Oui bien sûr que je les ai vus. C'est pour ça que je vous en parle. Ils le disent qu'ils ont exagéré la menace.» Eric Brunet: «Je le dis pour les gens qui nous écoutent: les Britanniques ont conféssé cette semaine avoir exagéré la menace pour faire adhérer les gens à la vaccination. Ils l'ont dit officiellement, c'est-à-dire que c'est l'équivalent de l'agence sanitaire britannique qui a dit : " Oui, on en a fait des tonnes pour que les gens aillent se faire vacciner plus vite. " C'est une drôle de confession.»

«Quand on a du pouvoir, si on n'a pas travaillé sur ses peurs... On l'érige en loi»

Marie-Estelle Dupont: «Ce sont toutes les études sur ce que l'on appelle en psychologie: " l'appel à la peur " en augmentant la menace et en augmentant le sentiment personnel de vulnérabilité, notamment par des campagnes de publicité qui mettent en scène l'intimité, comme cette grand-mère qui, sur un chant romantique, retrouve son petit fils, etc. Tout cela est assez affligeant. Ce qui est intéressant, c'est de voir qu'en fait, quand on a du pouvoir, si on n'a pas travaillé sur ses peurs, sa peur de la mort, sa peur de la maladie, son rapport au réel, on l'érige en loi et on est en train de tourner en rond comme dans un bocal, sur un système récompenses-punitions qui est totalement infantilisant pour encore une fois, une maladie qui n'est pas la peste noire. Alors que la pédagogie était déjà très efficace. Donc sur ce qui reste, pourquoi est-ce qu'on ne se dit pas, c'est peut-être à nous de changer de paradigme et de réfléchir à la question de la vulnérabilité ? On veut être dans la toute puissance, on veut arrêter la mort, ça n'est pas possible.»

«Pour être le plus bête possible !»

Alexandre Devecchio: «Là où je vous rejoins sur ce qui a été dit, c'est qu'après, il va y avoir des conséquences démocratiques dans toute cette histoire. Non pas qu'on va vivre en dictature, mais je trouve que la vraie démocratie, ce n'est pas seulement le droit de vote, ce n'est pas seulement les libertés individuelles, mais ça doit être d'avoir des citoyens tout simplement éclairés et en capacité de penser. Et là, on a l'impression que tout est fait pour qu'on ne pense plus.» Marie-Estelle Dupont: «Pour être le plus bête possible !» Alexandre Devecchio: «Soit effectivement par la peur, soit en faisant de nous de purs consommateurs. Je crois donc que la société d'après sera encore pire, comme l'avait dit Houellebecq, que celle d'avant.»

«Une dérive éthique qui consiste: puisque le bâton n'a pas marché, à avoir la carotte de la malbouffe et des jeux vidéo pour se faire vacciner»

Marie-Estelle Dupont: «Il y a la question de la menace. Et il y a eu toute une psychologie de la peur qui essayait de rendre la menace supérieure à ce qu'elle était vraiment, pour inciter les gens, d'abord à appliquer les gestes barrières, et ensuite à se faire vacciner. Mais aller dans une dérive éthique qui consiste, puisque le bâton n'a pas marché, à avoir la carotte de la malbouffe et des jeux vidéo pour se faire vacciner, c'est quand même prendre les gens pour des crétins et faire un mauvais calcul de santé publique. Parce que les facteurs majeurs de dégradation de la santé d'une population, c'est l'obésité, c'est le tabac, c'est la sédentarité avec les jeux vidéo. Et aujourd'hui, les parents ont des problèmes avec les jeux vidéo auprès des enfants, ainsi que de la malbouffe. Donc ce sont des logiques complètement absurdes et révoltantes.»



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