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Publié le 02 janvier 2023

Crédit vidéo : CNews

Source : https://cnews.fr

La détresse d'un boulanger sur CNews : « Je travaillerai jusqu'à ce que mon fournisseur me coupe l'électricité »

Julien Pedussel, boulanger, intervenait lors de l'émission « La Matinale » diffusée sur CNews ce lundi 2 janvier 2023.


“ Vous êtes passé de 1 000 € par mois à 12 000 € par mois !? ”

Romain Desarbres : « Vous êtes pris à la gorge, il n'y a pas d'autre mot, à cause du montant des factures d'électricité. Alors on vous voyait dans le reportage à 7h, vos factures d'électricité ont été multipliées par 12, vous êtes passé de 1 000 € par mois à 12 000 € par mois !? » Julien Pedussel : « Oui, c'est exact monsieur. De maximum 1000 à 2000 € par mois à 12 881 € à peu près pour la facture de décembre qui sera prélevée en janvier. » Romain Desarbres : « Mais aucune PME peut, j'allais dire, survivre financièrement à cela. C'est-à-dire : 12 000 € par mois et votre chiffre d’affaires est de 20 000 €. Donc, quand on enlève le prix des matières premières et les salaires, il ne reste plus rien et vous êtes même en négatif. » Julien Pedussel : « C'est exact, je suis en négatif comme beaucoup de mes confrères qui sont comme moi, sûrement pris à la gorge. Et c'est pour ça que j'ai décidé de sortir de l'ombre et de faire cette action aujourd'hui pour qu'on nous entende et qu'on voie vraiment l'urgence et la gravité de la situation pour qu'on nous aide, pour qu'il y ait quelque chose, une action réelle du gouvernement ou des fournisseurs d'énergie, pour que nous puissions survivre et faire notre métier et continuer à donner aux Français et aux Françaises du pain et des gâteaux et leur faire plaisir. »


“ Il faudrait que ma baguette approche les 3 €. ”

Romain Desarbres : « Le gouvernement a mis en place des aides. Vous ne les touchez pas ? » Julien Pedussel : « Actuellement sur ma facture, il n'y a aucune aide, il n'y a aucune trace d'aides. Et la seule aide que j'ai entendu parler, c'est un amortisseur de 20 %. Et 20 % sur ma facture, monsieur, je pense que vous allez vite faire le calcul, c'est bien insuffisant pour que mon entreprise puisse payer cette facture et survivre. J'ai des salariés, une équipe, des fournisseurs qui m'entourent et qui me permettent de faire mon métier et de vivre. Si je paye cette facture, je ne peux plus payer ces personnes et ce n'est pas possible. » Romain Desarbres : « 20 % de 12 000 €, 2 400 €, cela fait à peu près 9600 de facture. Ça reste très élevé, en tout cas trop élevé. Vous vendez combien votre baguette ? Et est-ce qu'en augmentant le prix, vous ne pourriez pas vous rattraper ? » Julien Pedussel : « Ma baguette est vendue à 1 € à aujourd'hui, et augmenter ma baguette, il faudrait qu'elle approche peut-être les 3 €. Et 3 €, qui viendrait chercher une baguette à 3 € ? Les Français n'ont pas les moyens de mettre 3 € par jour pour une baguette.


“ Je travaillerai jusqu'à ce que mon fournisseur me coupe l'électricité. ”

Julien Pedussel : « En sachant que les supermarchés qui sont dans les alentours ont une baguette à moins d'un euro. 50 centimes ou un peu plus de 50 centimes. Personne ne viendrait. Mes clients, par solidarité, viendraient quelques jours. Mais ils ne pourraient pas supporter ce poids, ce prix d'une baguette. Et fatalement, ils iraient dans les supermarchés et mon entreprise fermerait et toutes les boulangeries fermeraient. Si tous les boulangers-pâtissiers dans mon cas venaient à augmenter leur pain comme ça, c'est un calcul qui est vite fait, les Français ne peuvent pas faire ça. C'est impossible. » Romain Desarbres : « Et vous allez fermer ? » Julien Pedussel : « Je me bats, je suis là aujourd'hui pour qu'on se fasse entendre, pour que ça bouge. Je ne l'espère pas, je me bats pour ne pas fermer. Mais si je ne trouve pas rapidement de solution, oui. J'ai bloqué ma facture pour ce mois-ci et je suis dans l'attente. Je travaillerai jusqu'à ce que je n'aie plus d'électricité. Si mon fournisseur me coupe l'électricité, je fermerai mon rideau et je serai obligé de fermer mon entreprise, malheureusement à contrecœur. Mais en attendant, je vais faire ce que je sais faire, c'est mon métier, c'est faire de la pâtisserie. » Romain Desarbres : « Merci beaucoup Julien Pedussel. »


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