ÉCONOMIE

Publié le 14 juin 2022

Crédit vidéo : RMC

Source : https://rmc.bfmtv.com

« L'État se gave » Le président de l'UFC explique que l'État est le premier profiteur de la crise

Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, était l'invité de l'émission « Apolline Matin » diffusée ce mercredi 1er juin 2022.

« On pense être très proche de la réalité du panier »

Apolline de Malherbe : « Et choisir, justement, c'est ce que de plus en plus de Français doivent faire, doivent faire de manière très attentive au supermarché quand ils font leurs courses. Inflation record de plus de 5,2 % en mai, voilà ce qu'on a appris hier par l'Insee. Que dit votre indicateur à vous, l'indicateur de l'UFC ? » Alain Bazot : « Alors, c'est vrai qu'en cette période de crise, on a voulu nous aussi faire un indicateur qui soit plus réactif, parce que l'indice Insee, c'est une grosse machine, et il n'est pas réactif au moment présent. » Apolline de Malherbe : « Alors que ça change pratiquement tous les jours. » Alain Bazot : « Ça change tous les jours, mais, j'allais dire, on est dans cette logique très inflationniste. Nous, on est à plus de 6. On a plein de comparateurs, on a des relevés de prix, on a une base de données. Donc on pense être très proche de la réalité du panier et des dépenses des consommateurs. »

« Des hausses plus importantes sur certains domaines »

Alain Bazot : « Donc effectivement, on est sur une inflation extrêmement importante subie par les consommateurs. » Apolline de Malherbe : « Quand vous dites à plus de 6, c'est dans l'ensemble des commerces ou est-ce qu'il y a des hausses plus importantes non seulement sur certains domaines, mais aussi en fonction de l'endroit où vous faites vos courses ? » Alain Bazot : « C'est sûr que, en fonction de l'intensité concurrentielle, les prix peuvent être légèrement moins élevés que dans d'autres. » Apolline de Malherbe : « Qui sont ceux qui réussissent à s'en sortir le moins mal, je dirais, face à l'inflation ? » Alain Bazot : « Le moins mal, vous voulez dire en termes d'offre de produits ? » Apolline de Malherbe : « Est-ce que c'est le monde rural ? Est-ce que c'est le supermarché ? Est-ce que c'est au contraire le commerçant ? Où est-ce qu'on arrive, à peu près, à échapper, ou en tout cas à tenter d'échapper à cette inflation record ? »

« Plus les prix augmentent, plus l'État engrange l'argent avec la TVA »

Alain Bazot : « Ça va être déjà dans les domaines qui sont moins liés au prix des matières premières. Et c'est pour ça que nous, on demande, dans cette vague d'augmentation générale des prix, que l'Observatoire des prix et des marges fasse son travail. Parce qu'en période de crise comme ça, il y a toujours des profiteurs. On sait par exemple que, là on n'est pas dans l'alimentation, mais les compagnies pétrolières, on sait qu'elles vont engranger des surprofits, des surbénéfices. L'État, qui a besoin d'argent, qui ne veut pas baisser la TVA parce que ça le priverait d'un revenu très important. Plus les prix augmentent, plus l'État engrange l'argent avec la TVA, faut pas l'oublier. Le premier profiteur... » Apolline de Malherbe : « Donc il pourrait quand même baisser un peu, quoi. Vous dites : l'État est profiteur aussi de cette situation. »

« L'État se gave de 20 % »

Alain Bazot : « Mais clairement, plus les prix augmentent, plus mécaniquement les rentrées d'argent avec la TVA profitent à l'État. C'est mécanique. C'est pour ça que sur les biens de première nécessité comme l'électricité, on n'arrête pas de dire qu'il faut avoir une politique fiscale de TVA qui est plus légitime, plus acceptable pour les consommateurs. » Apolline de Malherbe : « Une TVA flottante comme il y a eu une TIPP flottante ? » Alain Bazot : « Oui, ça pourrait être une TVA qui momentanément diminue. Là, elle est à 20 %. C'est un produit essentiel, dit le Conseil d'État. Comment, dans une société, actuellement, on peut dire qu'un bien essentiel, l'État se gave de 20 % ? Ce n'est pas normal. Il ferait mieux de prévoir une contribution spéciale pour ceux qui profitent de la crise, qui ont des super-bénéfices, des surprofits et les récupérer. Ça, ce serait légitime. »



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