ÉCONOMIE

Publié le 15 mai 2022

Crédit vidéo : France Info

Source : https://francetvinfo.fr/

« On est comme dans l'Ancien Régime, les seigneurs sont exemptés d'impôts » François Ruffin

François Ruffin était l'invité de l'émission « L'invité du 8h30 » diffusée sur Franceinfo ce mardi 10 mai 2022.

« On est comme dans l'Ancien Régime, les seigneurs sont exemptés d'impôts »

François Ruffin : « On est comme dans l'Ancien Régime, les seigneurs sont exemptés d'impôts. Voilà la situation dans laquelle on se trouve. Donc il nous faut aujourd'hui changer la base fiscale. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Amazon, Hermès, Bernard Arnault, Mulliez et compagnie, Total, doivent être taxés. Si jamais ces gens-là sont taxés, et sont taxés à la hauteur de leurs profits, nous retrouverons des marges de manœuvre pour faire respirer l'économie. Là où on se trouve dans une situation d'injustice majeure, c'est qu'aujourd'hui, les petits payent gros et les gros ne payent pas d'impôt. »

« Les petites entreprises payent, en proportion, plus d'impôts que les grosses entreprises »

Salhia Brakhlia : « Ça veut dire que vous pourriez vous servir de l'argent que vous récupérez en taxant exceptionnellement ces grandes entreprises qui font du bénéfice, en reversant, en abondant, en fait, les salaires des salariés, quoi. C'est ça que vous voulez proposer ? » François Ruffin : « Mais même les entreprises sous-traitantes qui aujourd'hui... » Salhia Brakhlia : « C'est l'État qui va mettre la main à la poche ? C'est ça ? » François Ruffin : « Mais qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Les petites entreprises payent, en proportion, plus d'impôts que les grosses entreprises. »

« Si jamais on les refait payer, on retrouve des marges de manœuvre »

François Ruffin : « Le boulanger du coin va payer son Urssaf, va payer sa TVA, va payer son impôt sur les sociétés, va payer ses impôts locaux et compagnie, pendant qu'Amazon, lui, va réussir à échapper à ça, et McKinsey aussi. On a aujourd'hui des nouveaux seigneurs qui se sont exemptés du paiement de l'impôt. Eh bien, si jamais on les remet – c'est comme ce qui s'est passé au moment de la Révolution française –, si jamais on les refait payer, on retrouve des marges de manœuvre, à la fois pour les petits salariés, pour les travailleurs, mais aussi pour les petites entreprises. Et nous avons ce combat-là à mener, qui est un combat pour la justice fiscale. »


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