ÉCONOMIE

Publié le 21 juin 2022

Crédit vidéo : France TV

Source : https://france.tv/

Combien coûtait le litre d'essence en 1974 ? Les Français s'indignaient déjà, mais le pire était à venir...

Extrait d'un reportage sur les augmentations successives du prix de l'essence diffusé dans le journal de FR3 Rhône Alpes le jeudi 3 janvier 1980.

1,62 franc, on croit rêver

L'essence à 1,62 franc, on croit rêver. Et pourtant, c'était le 11 janvier 1974, il y a seulement 6 ans. À l'époque, l'augmentation du prix de l'essence provoquait l'indignation. Un journaliste : « Vous avez une voiture ? » Un automobiliste : « Bien sûr. » Un journaliste : « Est-ce que vous envisagez de vous en servir moins ? » Un automobiliste : « Oui, parce que ça me revient trop cher. » Un journaliste : « Donc vous allez marcher un peu plus ? » Un automobiliste : « C'est exact. Et même pour la santé, c'est bien. » Un autre automobiliste : « Je pense que la seule action qui aurait à faire, c'est de s'arrêter de rouler pendant quinze jours. » Un troisième automobiliste : « Pour moi, c'est un coup dur direct. Mais je suis coincé, je suis obligé de me servir de ma voiture. Mais je pense que les week-ends, si j'ai à me déplacer, je me servirai moins de ma voiture. »

La faible consommation d'essence est devenue un argument de vente

Ce ne fut qu'une parole en l'air. Six mois plus tard, les Français s'entassaient aux portes des vacances. Ils ne renonçaient pas à l'indépendance que procure la voiture. Ils allaient même jusqu'à lui pardonner ses défaillances. Mais en 1974 déjà, on enregistrait également un autre type de réaction. Un automobiliste : « J'ai également une voiture, toute petite d'ailleurs, une Fiat 500, qui ne consomme pas beaucoup d'essence. L'augmentation du prix de l'essence, je m'en fous. » Un autre automobiliste : « Cette voiture est assez récente. Éventuellement par la suite, si je la remplace, je prendrai une voiture plus petite. » Sur ce point de la réduction de cylindrée, de nombreux automobilistes sont passés à l'action. Le nombre d'immatriculations ne cesse de croître, mais la faible consommation d'essence est devenue un argument de vente. En 1980, voici comment les Lyonnais réagissaient ce matin face à cette nouvelle augmentation.

« Ça nous porte un sacré coup au budget, ça. Surtout pour nous, simples ouvriers »

Un automobiliste : « On sait bien que ça nous porte un sacré coup au budget, ça. Surtout pour nous, simples ouvriers... » Une automobiliste : « C'est dur à digérer, mais on est obligé de supporter les conséquences, qu'est-ce que vous voulez faire d'autre ? » Un automobiliste : « J'avais une R12, j'ai pris une R5 ; et d'un. Et de deux, les sorties, maintenant, bah... on les diminue. » Une journaliste : « J'ai l'impression que les Français réagissent un petit peu moins et qu'ils baissent les bras devant ces augmentations successives... » Un automobiliste : « Oui, c'est mon avis aussi. Je pense qu'il faudrait faire un effort du point de vue des constructeurs automobiles. » L'effort a déjà été fait chez plusieurs constructeurs français au niveau de la consommation. D'autre part, des modèles diesel sont maintenant installés sur des voitures de tourisme. De plus, la technique du turbocompresseur, après avoir fait ses preuves sur les poids lourds, est déjà utilisée sur la 604. Elle le sera en avril sur la R5.



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