POLITIQUE

Publié le 16 octobre 2022

Crédit vidéo : A. nationale

Source : https://assemblee-nationale.fr

« J'ai décidé d'adopter un nouveau style » François Ruffin surprend toute l'Assemblée nationale

François Ruffin, député, intervenait lors de la séance publique à l'Assemblée nationale ce mercredi 5 octobre 2022.

« Son intervention est à mon sens scandaleuse »

François Ruffin : « J'ai décidé d'adopter un nouveau style, qui soit moins dans la colère, plus dans l'apaisement. Mais, croyez-moi que c'est bien difficile. Non, c'est bien difficile quand on entend que les gens iraient à Pôle emploi s'installer dans une précarité volontaire avec des petits contrats d'intérim qui leur accorderaient des primes de précarité, comme dans une espèce de Club Méditerranée. » Un député : « Il n'y a que vous qui dites ça. » François Ruffin : « Non, je l'ai entendu de la part de monsieur Alauzet. Reprenons son intervention, qui est à mon sens scandaleuse. Vous voyez, je me contiens encore. Qu'est-ce qui se passe ? Ça fait 40 ans qu'on a installé la précarité très massivement dans les classes populaires dans notre pays. Que c'est une souffrance, que moi je rencontre toutes les semaines. Du gars qui est chez Amazon, recruté pour Noël, qui se demande s'il va être pris en janvier et qui n'est pas repris, et qui se demande comment il va faire bouffer sa famille. »

« Ce ne sont pas les salariés qui le décident, ce sont les patrons qui l'imposent »

François Ruffin : « Du cariste, qu'on prend six mois, qu'on reprend six mois, qu'on re-reprend six mois, puis après, on lui demande de rester six mois à la maison, puis on le reprend 18 mois, et puis c'est terminé. C'est ça, l'ordinaire des classes populaires dans notre pays. Et quand ça se passe comme ça et que ce sont les patrons qui, massivement, ont décidé d'installer ça... Parce que, je vous donne des petites histoires, mais les chiffres, c'est 1 million d'intérimaires en plus depuis 20 ans. C'est quoi ? C'est, dans ma ville, des boîtes d'intérim qui ont fleuri tous azimuts. C'est des jeunes qui doivent se taper la tournée tous les matins des boites d'intérim, soit physiquement, soit au téléphone, et qui se prennent des vents, des vents, des vents, et qui sont ressentis comme une violence. C'est des CDD dont la durée moyenne a été divisée par quatre en 20 ans, où on est passé d'une durée médiane de 20 jours à cinq jours en moyenne. Et tout ça, ce ne sont pas les salariés qui le décident, ce sont les patrons qui l'imposent, mais quand ce sont les patrons qui l'imposent, ça ne vous pose aucun problème. »


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