POLITIQUE

Publié le 31 mars 2022

Crédit vidéo : France TV

Source : https://france.tv/

« Sinon c'est du pénal » Emmanuel Macron agacé par la question pertinente d'un journaliste de France 3

Emmanuel Macron était l'invité de l'émission « Dimanche en politique » diffusée sur France 3 ce dimanche 27 mars 2022.

« On lit que vous connaissez certains de ses dirigeants, que certains d'entre eux sont proches de vous »

Francis Letellier : « Je vais poser une question maintenant, qui est entre les deux : à la fois qui vous concerne, vous, le président sortant, et le candidat, peut-être. Vous avez entendu évidemment toutes les révélations autour de l'affaire du cabinet McKinsey, cabinet privé américain qui a conseillé l'État français pour près d'un milliard l'année dernière. Ce groupe ne paie pas d'impôt sur les sociétés en France. Et, dans les enquêtes, on lit que vous connaissez certains de ses dirigeants, que certains d'entre eux sont proches de vous. Sur ce sujet-là, est-ce que vous demandez toute la transparence ? » Emmanuel Macron : « Oui, et je l'ai déjà dit. D'abord, un, il n'y a aucun contrat qui est passé dans la République sans qu'il respecte la règle des marchés publics : mise en concurrence, transparence, responsabilité de celles et ceux qui signent. » Francis Letellier : « Donc tout est clair là-dessus ? » Emmanuel Macron : « Non mais donc, oui, sinon c'est du pénal. Et donc que quiconque a la preuve qu'il y a une manipulation mette le contrat en cause au pénal, article 40. »

« Qu'ils demandent des prestataires extérieurs pour les aider ne me choque pas »

Francis Letellier : « Alors sur le non-paiement de l'impôt sur les sociétés ? » Emmanuel Macron : « Non mais là il faut être très clair, parce qu'on a l'impression qu'il y a des combines. C'est faux. Il y a des règles de marchés publics. La France est un pays de droit. S'il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal. Deuxième point, c'est une très bonne chose qu'il y ait une transparence complète. Cour des comptes, assemblées dans leur travail de contrôle de l'exécutif, pour dire les choses. Ensuite, moi je demande qu'on nous donne aussi de la profondeur. Comment, depuis quinze ans, les contrats avec les consultants ont évolué ? Je ne suis pas persuadé que, sous ce quinquennat, il y ait eu moins de contrats que sous certains autres, y compris de celles et ceux qui nous attaquent aujourd'hui. Donc, faites la transparence complète et regardez les chiffres. Regardez aussi comment les choses ont évolué, en particulier sur les 18 derniers mois. Parce que quand il y a eu la crise, quand tout le monde est sur le pont, quand vous avez des ministères qui sont jour et nuit au travail, qui font appel, et je les en remercie, à des réservistes, à des bénévoles, qu'ils demandent des prestataires extérieurs pour les aider ne me choque pas. »

« Mais ce n'est pas le cas visiblement »

Emmanuel Macron : « Il faut que ce soit transparent, il faut que ce soit justifié, et il faut que compte soit rendu de la mission, soyons sérieux. Donc ça, transparence, et, s'il y a un problème, il y a des juges et une justice indépendante. Ensuite, sur l'impôt, je me bats depuis le début de mon mandat pour que toutes les entreprises qui travaillent en France, qui font des bénéfices en France, paient l'impôt. » Francis Letellier : « Mais ce n'est pas le cas visiblement. » Emmanuel Macron : « Mais non, parce que les règles n'étaient pas celles-ci. C'est bien beau de le dire et de dénoncer, mais personne ne fait payer aujourd'hui à des entreprises comme celle-ci l'impôt en France, parce que ce n'est pas les règles. Donc c'est une bataille internationale. Je l'ai menée en Européen, je l'ai menée à l'international. On a d'abord échoué avec le président Trump, on a convaincu le président Biden, on a un accord international. L'Europe est en train de le transcrire. Sous présidence française de l'Union européenne, nous allons passer l'impôt minimal pour toutes les sociétés, grandes multinationales du numérique, et tous ces cas-là pourront être bannis. Et donc dans quelques mois, on va pouvoir le faire. »



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