POLITIQUE

Publié le 21 janvier 2021

Crédit vidéo : P. Européen

Source : https://europarl.europa.eu/

Ce jour où Macron a été humilié au Parlement Européen

Emmanuel Macron doit se souvenir de ce mardi 17 avril 2018, jour où le député européen Belge, Philippe Lamberts, lui a dit ses quatre vérités.

«Une histoire qui met à mal la devise de votre pays»

Philippe Lamberts: «Monsieur le président, ce que vous souhaitez pour l'Europe, vous affirmez que la France doit commencer elle-même à le faire dès aujourd'hui. Votre action en France raconte une tout autre histoire. Une histoire qui met à mal la devise de votre pays: Liberté, Égalité, Fraternité. Où est la liberté, lorsque vos citoyens peuvent être surveillés, assignés à résidence et perquisitionner sur de simples soupçons de la police? Où est la liberté lorsque des policiers armés débarquent au petit matin pour arrêter un groupe de jeunes dont le seul tort serait d'avoir occupé pacifiquement un chantier? Ma fille en était. Elle fut menée devant son fils de deux ans, loin de chez elle pour subir pendant toute une journée un interrogatoire.»

«Des cadeaux fiscaux aux plus riches»

Philippe Lamberts: «Dans votre France, l'État de droit garant de nos libertés, s'éloigne jour après jour. Liberté, Égalité: Où est-elle l'égalité lorsque vous imposez toujours plus de précarité aux travailleurs alors qu'en même temps, vous faites des cadeaux fiscaux aux plus riches, ceux que vous aimez appeler les premiers de cordée. Votre foi en eux est inébranlable, mais voyez-vous ce qui définit la cordée, monsieur Macron, c'est la corde. C'est elle qui permet d'adapter la vitesse du premier de cordée aux besoins du groupe. C'est elle aussi qui empêche les derniers de cordée de tomber au ravin. Mais dans nos sociétés, Monsieur le président, cette corde n'existe plus. Les riches s'enrichissent, les classes moyennes stagnent et se précarisent et les plus fragiles sont abandonnées à leur sort. Liberté, Égalité, Fraternité: Est-ce au nom de la fraternité que vous vendez des armes à des régimes qui les retournent contre leur propre population ou contre leurs voisins. Où est-elle cette fraternité lorsque votre police lacère tentes et sacs de couchage de migrants? Procédures expéditives, recours non suspensif, détention administrative, voilà les ingrédients de votre projet de loi sur l'asile et l'immigration. Contenir et refouler plutôt qu'accueillir des êtres humains en exode forcé.»

«Promoteur des traités actuels de libre-échange»

Philippe Lamberts: «Liberté, Égalité, Fraternité: Au pays de l'accord sur le climat je rajouterais un quatrième terme: durabilité. Vous dites vouloir la taxe carbone, la fin du glyphosate, la fin des voitures diesel? Bravo! Mais vous restez en même temps, un ardent promoteur des traités actuels de libre-échange et pire encore, du nucléaire. Alors vous avez permis, contrairement à votre prédécesseur, l'adoption par l'Union européenne d'une définition totalement laxiste des perturbateurs endocriniens. Alors, vous avez le courage de mettre un terme à ce projet insensé d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Mais c'est pour dans la foulée, écraser dans la violence, les projets de celles et ceux qui inventent depuis des années une manière différente de vivre.»

«Des gens qui ne sont rien»

Philippe Lamberts: «Monsieur le président, un livre vous dit philosophe. Il affirme qu'aucun de vos mots n'est le fruit du hasard. Voici quelques mois, vous avez parlé des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. Vous n'avez pas dit des gens qui ne font rien ou des gens qui n'ont rien. Vous avez parlé des gens qui ne sont rien. Croyez-vous, pour nous, le projet européen consiste précisément à faire en sorte que plus jamais, en aucun endroit de ce continent, aucune femme, aucun homme ne puisse être considéré comme rien ou se penser comme rien. Car considérer des êtres humains comme rien, c'est permettre de leur faire subir n'importe quoi. Et cela, nous n'accepterons jamais. Monsieur le président, vous avez pris coutume d'offrir à vos hôtes de marque, un cadeau. Permettez-moi de faire de même. Je vous offre cette corde d'escalade, symbole de la cordée à laquelle vous semblez tenir. Je vous dirai ceci: Chaque fois que vous ferez avancer la cause de la liberté, de l'égalité et de la fraternité en Europe, chaque fois que vous agirez pour une Europe plus juste, plus durable et plus démocratique, nous serons à vos côtés. A défaut, vous trouverez sur votre route. Je vous remercie.»



Partager cette page