SANTÉ

Publié le 15 juin 2021

Crédit vidéo : BFM

Source : https://bfmtv.com/

Le bras droit de Raoult prévient: «Ceux qui nous attaquent doivent se préparer aux contre-attaques»

Philippe Parola, le bras droit de Didier Raoult, était l'invité de l'émission «BFM Story» diffusée ce lundi 14 juin 2021 sur la chaîne BFM TV.

«Bien avant que le professeur Raoult ne fasse la une de l'actualité»

Olivier Truchot: «L'IHU Méditerranée à Marseille, dirigée par le professeur Raoult, a été perquisitionnée aujourd'hui. Avec nous Mélanie Bertrand du service police-justice, et nous sommes également avec Philippe Parola, chef du service des maladies infectieuses à l'IHU Marseille et le bras-droit du professeur Didier Raoult. Professeur Parola, je vous donne la parole dans un instant, mais tout d'abord Mélanie Bertrand, de quoi s'agit-il ? Pourquoi cette perquisition aujourd'hui ?» Mélanie Bertrand (Reporter BFM): «Parce que les enquêteurs sont allés voir les bureaux de l'IHU pour récupérer des documents. En fait, ce qui se passe c'est que des hommes de la police judiciaire de Marseille sont allés ce matin à l'IHU pour récupérer des documents dans le cadre d'une perquisition. Il y a eu un certain flou pendant quelques heures, le temps que le parquet de Marseille communique pour comprendre dans quel cadre s'inscrivait cette perquisition. Si elle était liée directement au professeur Raoult, qui dirige le CHU, et le parquet a apporté des précisions dans l'après-midi en expliquant qu'a priori, non, que c'était dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte en 2009, donc bien avant la crise sanitaire, et bien avant que le professeur Raoult ne fasse la une de l'actualité.»

«À aucun moment, dans le communiqué de la procureure de Marseille, le nom du professeur Raoult n'est cité»

Mélanie Bertrand: «Enquête ouverte en 2009 après le signalement de l'Agence française anti-corruption et finalement, de ce qu'on comprend du communiqué du parquet, dans le collimateur de la justice marseillaise, c'est plutôt l'IRD (l'Institut de recherche pour le développement) qui est en ligne de mire et ses liens financiers avec l’IHU. La procureure de Marseille, qui précise que c'est aussi le fonctionnement de cet institut qui pose question. C'est la raison pour laquelle des policiers sont allés perquisitionner, sont allés chercher des documents au sein de cette IHU. Mais à aucun moment, dans le communiqué de la procureure de Marseille, le nom du professeur Raoult n'est cité. La procureure explique que ces documents saisis vont ensuite être exploités, ce qui fait dire à l’avocat de Didier Raoult que l’on a joint dans l’après-midi que son client n'est absolument pas lié à cette affaire et qu'il est mis hors de cause.»

«C'est vous-même qui m'avez appris par un SMS qu'il y avait quelque chose qui se passait peut-être chez nous»

Olivier Truchot: «Il s'agit en fait plutôt d'une histoire de conflits d'intérêts. Si j'ai bien compris ?!» Mélanie Bertrand: «De conflits d'intérêts, effectivement, entre cet institut dont le PDG est marié à l'une des responsables, si ce n'est la présidente de l'IHU, donc ce sont des fils à démêler. Mais en tout cas et en tout état de cause, ça date de bien avant la crise du Covid et la médiatisation du professeur Raoult. Pour l'instant, à ce stade, il n'apparaît nulle part dans la communication du parquet et il n'apparaît pas du tout en première ligne dans cette affaire.» Olivier Truchot: «Professeur Parola, cette enquête est donc, si je comprends bien les explications de Mélanie Bertrand, sans lien avec les polémiques liées au Covid ?» Pr. Philippe Parola: «Écoutez, je crois que votre collègue vient de résumer parfaitement la situation. C'est vous-même qui m'avez appris par un SMS de vos équipes qu'il y avait quelque chose qui se passait peut-être chez nous. J'ai envie de dire : tout ça, pour ça.

«Je sais qu'il y a une certaine appétence pour tout ce qui se passe autour de nous»

Pr. Philippe Parola: «J'ai croisé Didier Raoult et je lui ai demandé : "Mais qu'est-ce qui se passe ?". Il m'a répondu avec son humour à lui : "Écoute, je suis élevé au rang des ministres. Me voilà perquisitionné". En pratique, vous avez tout à fait dit ce qu'il en était. Tout cela n'a rien à voir avec le soin. Tout cela n'a rien à voir avec la Covid. Il s'agit d'une enquête qui visait à éclaircir des points concernant l'Institut de recherche pour le développement, qui est un des fondateurs de la Fondation IHU (comme le CNRS et comme l'Inserm) et d'élucider suite à des questions qui avaient été posées, les modalités de fonctionnement entre la Fondation et l'Institut de recherche pour le développement. Ensuite, je sais qu'il y a une certaine appétence pour tout ce qui se passe autour de nous, mais beaucoup de bruit pour rien à mon avis.»

«Ceux qui nous attaquent, bien entendu, doivent se préparer aux contre-attaques»

Olivier Truchot: «Mais professeur Parola, vous semblez dire quand même que l'on vous cherche toujours des ennuis, même si cette perquisition n'a rien à voir avec tous les débats et toutes les polémiques qui ont eu lieu.» Olivier Truchot: «Oui mais vous savez, quand on s'expose, quand on prend ses responsabilités, il faut se préparer aux attaques. Ceux qui nous attaquent, bien entendu, doivent se préparer aux contre-attaques. Mais moi je reste dans mon registre, c'est-à-dire : le soin, l'observation, la recherche... Mon devoir, c'est de vous dire et de dire aux autorités : voilà ce que nous avons fait avec nos patients dans le cadre du soin et du traitement, notamment le traitement précoce, d'autres avaient un avis différent. Ils utilisent les moyens qui sont les leurs et il faudra peut-être expliquer pourquoi tant d'attaques.»

«Moi, je ne parle pas de big data et de dossiers d'ordinateur»

Pr. Philippe Parola: «Est-ce que c'est parce qu'il y a une difficulté à reconnaître que nous avions raison ? Nous nous sommes tout à fait disposés à voir nos études critiquées. Mais vous savez, moi, je ne parle pas de big data et de dossiers d'ordinateur. Mes collègues qui s'occupaient des patients en ambulatoire, qui auraient pu être une filière de soins de médecins généralistes ont vu 15.000 patients. J'en ai vu 3.500 avec mes collaboratrices et mes jeunes docteurs. Vous savez, tout ça, nous n'avons rien à cacher. Simplement, je pense que ça serait intéressant d'en parler plus. Et si on n'en parle plus, on verra des résultats et si on voit des résultats, on se dira : "Tiens, pourquoi on n'a pas fait ça ?" et dans le "pourquoi" ça sera plus à vous que moi de dire pourquoi certains ont conseillé de telle façon ? Pourquoi d'autres ont pris telle décision ? Et chacun prendra ses responsabilités.»



Partager cette page