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Publié le 20 mai 2022

Crédit vidéo : RMC

Source : https://rmc.bfmtv.com

« Je suis au pain et au beurre » Une auditrice en larmes nous parle de la hausse des prix

Corinne, auditrice de RMC, intervenait lors de l'émission « Les Grandes Gueules » diffusée sur RMC ce vendredi 20 mai 2022.

« Je suis au pain et au beurre »

Corinne (auditrice) : « Alors, je vais essayer de ne pas pleurer, comme tout à l'heure à l'accueil. Je suis au pain et au beurre. Je n'aurais pas mes parents, je n'aurais plus ma maison, je ne pourrais pas me chauffer, ça veut dire que c'est mes parents qui m'ont payé mes pellets pour cet hiver. Si je devais vendre, eh bien, je me retrouverais maintenant, avec la hausse des prix depuis le confinement, je ne me retrouverais même pas dans un F2, alors que là j'ai 670 € de crédits pour un grand corps de ferme. Et je ne sais pas où je vais. Parce que là, j'ai mes parents qui peuvent m'aider, mais pendant combien de temps ? La hausse des prix fait que ça ne sert à rien que je me lève pour aller travailler. »

« Je vais sur 49 ans et je ne sais pas où je vais dans ma vie »

Corinne (auditrice) : « Mais le problème de ce métier-là, c'est que derrière, comme on a les kilomètres de payés, eh bien je ne suis même pas à 800 € par mois de chômage, alors qu'avec les charges et crédits de la maison, il faut que je sorte 1 200 € par mois. Donc, ça fait des années que je ne prends pas de vacances. » Alain Marschall : « Donc aujourd'hui, Corinne, pour vous, ça revient presque plus cher d'aller travailler que de rester à la maison, en fait ? » Corinne (auditrice) : « Mais tout à fait. Mais c'est ça le problème. » Olivier Truchot : « Vous avez quel âge, Corinne ? Si je peux me permettre. » Corinne (auditrice) : « Je vais sur 49 ans et je ne sais pas où je vais dans ma vie. Moi, mon métier, c'est de faire, comme dit la dame, en plus je vais partir là-dessus aussi... »

« Je n'aurais pas mes parents, je ne pourrais pas manger du fromage, je ne pourrais pas manger des yaourts, je ne pourrais pas me chauffer l'hiver »

Corinne (auditrice) : « La honte de ces métiers d'intérim, c'est que pour une grosse marque de boissons, je remplis les frigos depuis 2016. Depuis 2016, je suis en contrat tous les mois. Ma date d'ancienneté n'est pas légale, c'est-à-dire que tous les mois, ils m'arrêtent mon contrat et me refont une date d'entrée, donc mes points de retraite ne vont pas être les mêmes. Et je pourrais être en CDI, mais non. Donc, là, je ne sais même pas quoi faire, parce que j'aime ce métier. » Kaouther Ben Mohamed : « C'est scandaleux ! » Corinne (auditrice) : « Mais oui, comme dit la dame, à 49 ans, avec maintenant mes problèmes de santé, je ne sais pas où je vais, je ne sais pas du tout où je vais. Donc je ne sais plus quoi faire, et je vous dis, je n'aurais pas mes parents, je ne pourrais pas manger du fromage, je ne pourrais pas manger des yaourts, je ne pourrais pas me chauffer l'hiver. »



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