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Publié le 21 novembre 2021

Crédit vidéo : RMC

Source : https://rmc.bfmtv.com/

«Vous, votre but, c'est de faire travailler ces gens plus longtemps» Bruno Le Maire face à un économiste

Bruno Le Maire était l'invité de l'émission «Les Grandes Gueules» diffusée ce jeudi 18 novembre 2021 sur RMC.

«Pourquoi vous voulez les faire travailler plus longtemps ?»

Thomas Porcher: «Vous dites qu'il faut travailler plus longtemps, c'est-à-dire que les gens partent à la retraite plus tardivement. Et là, je suis en profond désaccord. Mon fils est à la crèche. Il avait une puéricultrice qui s'occupait de lui à la crèche. Il y a eu le Covid. Elle s'est occupée des enfants de soignants. Et puis, c'était sa dernière année, elle est partie à la retraite. Quelques mois après, je dirais même plus quelques semaines, nous avons reçu un mail de la crèche pour apprendre qu'elle nous avait quitté. Et vous, votre but, c'est de faire travailler ces gens plus longtemps. Je regarde les statistiques des conditions de travail de la DARES. 52% des Français disent qu'ils ne pourront pas faire le même travail à 60 ans. Pourquoi vous voulez les faire travailler plus longtemps ? Pour moi, c'est un non-sens.» Bruno Le Maire: «Moi, je considère que la seule façon de donner de la prospérité aux Français et un meilleur niveau de vie, c'est que tous, globalement, nous travaillions davantage et ça passe effectivement, pour moi, par un report de l'âge légal de départ à la retraite, si on ne veut pas s'appauvrir par rapport à nos grands voisins comme l'Allemagne ou comme les Etats-Unis.»

«Avant de travailler jusqu'à hyper tard. Il faudrait peut être travailler à ce que tous les Français aient du travail tout court»

Bruno Le Maire: «Est-ce que pour autant, il ne faut pas tenir compte de la difficulté des métiers ? Permettre aux gens de changer davantage de métier ? Ce que vous dites sur les changements de profession et les changements de métier, pour moi, c'est au cœur du travail de demain. Il faut permettre effectivement à des gens qui ont une activité qui est pénible et difficile, qui peut les casser physiquement, de changer de métier beaucoup plus tôt, au bout de cinq ans, au bout de dix ans, et de la formation et de la qualification. Il ne faut pas renoncer à la possibilité pour chacun d'avoir une deuxième, d'avoir une troisième carrière et de l'accompagner par de la formation. Mais c'est simplement en travaillant plus, davantage tous ensemble que nous permettrons de préserver le niveau de vie de nos enfants.» Kaouther Ben Mohamed: «Avant de travailler jusqu'à hyper tard. Il faudrait peut être travailler à ce que tous les Français aient du travail tout court en fait.» Bruno Le Maire: «Ça, nous avançons dans la bonne direction. Je suis tout à fait d'accord avec ça mais regardez ce que nous sommes en train de réussir tous, collectivement.»

«Un travail avec lequel on puisse payer ses factures et non pas survivre, c'est un peu mieux quand même»

Bruno Le Maire: «Nous avons un niveau d'activité qui est meilleur qu'avant la crise et moi, j'ai la conviction profonde que si nous continuons dans cette direction, on peut enfin atteindre le plein emploi, c'est-à-dire mettre fin à un demi siècle, un demi siècle de chômage de masse qui a ravgé le pays.» Kaouther Ben Mohamed: «De chômage, de privation d'emploi et de salaires qui sont insuffisants. Excusez-moi, monsieur le ministre, vous parliez des soignants, mais moi, je suis tout à fait favorable à ce qu'on augmente le budget et de la santé et de l'éducation parce que ce sont deux points qui sont essentiels pour avoir un métier, pour être en forme, parce que les gens qui ne sont pas en forme, comme moi, coûtent de l'argent à la Sécurité sociale. Et en plus, je ne travaille pas parce que je ne suis pas en état de travailler, je ne l'étais mais maintenant ça va mieux, etc. Donc effectivement, la santé et l'éducation sont deux pôles sur lesquels il faut investir en dégageant de l'argent où vous voulez, mais il faut le dégager. Après, un travail pour tous, c'est très bien, mais un travail payé correctement avec lequel on puisse payer ses factures et non pas survivre, c'est un peu mieux quand même.»



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