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Publié le 10 mai 2022

Crédit vidéo : C8

Source : http://c8.fr/

Le témoignage poignant d'une retraitée en situation de pauvreté : « J'ai travaillé toute ma vie »

Jeanine, une retraitée, était l'invitée de l'émission « TPMP » diffusée sur C8 ce vendredi 6 mai 2022.

« J'en suis malade d'aller dans les supermarchés »

Jeanine (retraitée) : « Quand vous voyez un kilo de tomates à 5,45 €, vous regardez et vous êtes effrayé, donc vous faites marche arrière. Que ce soit pour ça, que ce soit pour les fruits... Hier, ma fille m'a téléphoné et m'a dit : " Maman, j'ai acheté deux nectarines, 2 € ! Deux ! " » Benjamin Castaldi : « Ça veut dire que c'est 5 € par jour pour se nourrir, donc ça veut dire que vous ne mangez pas 3 repas par jour ? » Jeanine (retraitée) : « Non, non ! J'ai été malade, d'ailleurs, il y a trois semaines, je n'aurais pas pu être là, parce que j'étais en manque de vitamine B12, métabolisme, parce que je ne me nourrissais pas, justement, suffisamment. J'ai acheté une tomate cœur-de-bœuf qui m'a coûté 2 €, je vais manger au moins trois ou quatre jours dessus, parce que je n'ai pas le choix, parce que c'est énorme ! Moi, j'en suis malade d'aller dans les magasins, d'aller dans les supermarchés, pour dire, bah, je vais y aller pour acheter quoi ? Faire quoi ? »

« J'ai mangé une soupe aux vermicelles... Parce que je n'ai pas le choix »

Jean-Pascal Lacoste : « Par exemple, les tomates sont à 2,90 € chez moi. Donc, c'est un prix, c'est cher aussi, mais je me dis : il faut peut-être essayer de trouver un système... » Jeanine (retraitée) : « Oui, mais il faut bouger avec sa voiture partout. Il faut utiliser du carburant. » Benjamin Castaldi : « Si elle dépense 30 € d'essence pour aller trouver des tomates moins chères... » Nicolas Pernikoff : « Franchement, avec ce qu'il reste à madame chaque jour, excuse-moi, je pense qu'on en est même plus là-dedans, quoi. Vous vous rendez compte que cette dame ne mange qu'une fois par jour, mais même pas à sa faim. Elle est en train de crever la dalle. » Jeanine (retraitée) : « Ah non, et je vous dis, hier, j'ai mangé une soupe aux vermicelles. Je mets mon Maggi cube, je mets de l'eau, je mets du vermicelle, et je me débrouille comme ça. Parce que je n'ai pas le choix. » Benjamin Castaldi : « Est-ce que vous vous êtes tournée, je ne sais pas, vers des organismes ? » Jeanine (retraitée) : « Non, non, désolée, je ne fais pas partie. Je n'ai pas le droit à l'APL, à rien. » Benjamin Castaldi : « C'est pour ça que je vous pose la question, parce que c'est la question que l'on va vous poser. Il y a peut-être des moyens de se faire aider. Mais vous pensez que vous n'avez pas le droit aux aides ? Pourquoi ? » Jeanine (retraitée) : « Parce que vous dépassez le plafond. »

« J'ai travaillé toute ma vie »

Benjamin Castaldi : « Ah oui, c'est ça, vous êtes au-dessus de 50 €, quoi ? » Jeanine (retraitée) : « Ah, carrément au-dessus. Vous n'avez droit à rien. Je n'aurai même pas le chèque alimentaire que Monsieur Macron propose, je n'en ferai pas partie. » Benjamin Castaldi : « Donc vous pensez que vous avez été oubliée par le gouvernement ? » Jeanine (retraitée) : « On est les oubliés. Moi, j'ai travaillé toute ma vie avec six enfants, j'ai fait tout ce que j'ai pu, et aujourd'hui, j'ai rien. J'ai honte de le dire, j'ai honte d'être là, parce que je trouve que je ne devrais pas avoir honte, je devrais être avec mes enfants, pouvoir les aider. Et aujourd'hui, j'ai honte parce que j'ai travaillé des 72 heures par semaine. Et aujourd'hui, le résultat, c'est que l'État ne me le redonne pas. Et je ne suis pas toute seule dans ce cas-là. Évidemment, mon cas représente quand même une quantité de milliers de personnes, millions peut-être, de retraités qui sont comme moi, qui sont dans la même situation. Et ce matin, j'entendais encore quelqu'un qui pleurait et qui n'avait que 800 € par mois, donc encore pire que moi. »


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