SANTÉ

Publié le 16 janvier 2021

Crédit vidéo : FranceSoir

Source : https://www.francesoir.fr/

Le Pr. Perronne est de retour et met les points sur les i

Le professeur Perronne était l'invité de Richard Boutry sur le plateau de FranceSoir ce vendredi 15 janvier 2021.

«Vous devez fermer votre gueule si vous ne parlez pas comme les autorités»

Richard Boutry: «La justice, on peut en parler, a rejeté ce recours que vous aviez déposé contre la l'APHP pour propos jugés indignes, je crois que c'est ça. On vous avait démis de vos fonctions de chefferie de service à l'hôpital de Garches. Pour vous, est ce que c'est un coup dur supplémentaire que ces décisions de justice ?» Pr. Perronne: «Pas du tout puisqu'un référé liberté, c'est une procédure d'urgence. Le tribunal doit répondre dans les deux jours. Il n'a pas le temps, toute analyse en détail. Il y a d'autres recours qui vont avoir lieu et le tribunal aura plus de temps pour analyser toutes les données. Mais ce qui m'a fait très plaisir, parce que je me doutais de la réponse, mais ce qui m'a fait très plaisir, si vous regardez, le tribunal a écrit en toutes lettres que j'avais entièrement le droit à la liberté d'expression, non seulement en tant que professeur d'université mais aussi en tant qu'hospitalier, ce que me déniait Martin Hirsch. Parce que Martin Hirsch disait "vous faites partie de l'assistance publique, vous devez fermer votre gueule si vous ne parlez pas comme les autorités". Et ça, c'est un grand scandale. Et là, le tribunal administratif m'a reconnu ce droit. Donc, pour moi, même si je n'ai pas gagné sur la chefferie de service...»

«Les médecins n'ont plus le droit de parler librement»

Richard Boutry: «C'est une petite victoire en quelques sortes ?» Pr. Perronne: «C'est une très grande victoire ! Bien sûr, parce que la liberté d'expression des médecins est bafouée. Le décret qui est sorti récemment, qui maintenant interdit aux médecins de parler si quasiment leur parole n'a pas été adoubée par le ministère de la Santé, c'est quoi ça ? C'est un immense scandale. Les médecins n'ont plus le droit de parler librement. Quand vous voyez sur les plateaux de télévision, tous les jours, des collègues qui ont des conflits d'intérêts majeurs, qui continuent à venir parler et qu'à côté de ça, le CSA va condamner RMC parce que j'étais tout seul sur un plateau, j'ai dit la vérité et que soi disant, il n'avait pas de contradicteurs. Mais tous les jours, sur les plateaux de télé, vous avez trois, quatre personnes qui ont des conflits d'intérêts, qui racontent n'importe quoi et personne ne bouge. Quand vous voyez, par exemple un infectiologue, je ne vais pas le citer pour ne pas avoir d'ennuis, qui a fait des menaces de mort contre Didier Raoult. Pour l'instant, je n'ai pas vu le Conseil de l'Ordre le menacer de le convoquer devant le conseil disciplinaire du Conseil de l'ordre pour menaces de mort. C'est très grave.» Richard Boutry: «Il y a deux poids, deux mesures.»

«On veut me traîner devant la juridiction ordinale»

Pr. Perronne: «Et moi, j'ai juste parlé d'un jeune médecin en disant qu'il avait participé à une publication qui n'était pas bonne sur le plan scientifique, on veut me traîner devant la juridiction ordinale. C'est du grand n'importe quoi. J'ai beaucoup de respect pour l'Ordre des médecins, pour mes collègues, je sais que j'ai un soutien massif de tous les médecins généralistes de France. Ils m'écrivent tous les jours. Je ne sais pas la proportion exacte, bien sûr, mais même des médecins hospitaliers, des anciens.» Richard Boutry: «En tout cas une très grosse majorité, j'imagine bien, oui !» Pr. Perronne: «Et moi, je vois des médecins, des anciens professeurs, patron de l'hôpital de Garches. Je ne peux pas donner leur nom parce que je ne leur ai pas demandé l'autorisation mais qui m'écrivent en disant bravo pour ce que vous faites, vous êtes un héros. C'est en train de dérailler complètement. Moi, je suis fier de ce que je fais. Je me repose sur des données scientifiques précises et pas sur n'importe quoi.»

«Vous étiez dans quasiment les trois mandatures numéro 1 du comité scientifique»

Richard Boutry: «Vous étiez à l'OMS, numéro 1 au niveau de la santé. Ensuite, en France, vous étiez dans quasiment les trois mandatures numéro 1 du comité scientifique et aujourd'hui, vous êtes, comme par hasard, complètement délaissé, blackboulé, incendié et mis sur un pilori, ce qui est absolument scandaleux.» Pr. Perronne: «Je suis un paria, un charlatan et j'en suis fier.»



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