SANTÉ

Publié le 30 août 2021

Crédit vidéo : CNews

Source : https://cnews.fr/

«Nous sombrons dans une sorte d'hygiénisme d'État» La sidération d'Ivan Rioufol à propos du passe

Ivan Rioufol intervenait dans l'émission «Les Points sur les i» diffusée ce dimanche 29 août 2021 sur la chaîne CNews.

«Nous sombrons dans une sorte d'hygiénisme d'État»

Ivan Rioufol: «Bravo en tout cas à l'opération Macron parce que depuis le 12 juillet, 12 millions de personnes se sont laissé tordre le bras pour aller se faire vacciner. Nous sombrons dans une sorte d'hygiénisme d'État, de paranoïa et qu'il y a une déraison à vouloir interdire à des gens de rentrer dans des lieux publics au prétexte d'une épidémie qui n'est pas aussi létale.» Véronique Jacquier: «Ce n'est pas nouveau, La Boétie au 16e siècle avait écrit justement sur la servitude volontaire. Et il disait que les peuples n'avaient même pas besoin d'être instruits en terme de servitude volontaire. Ils se pliaient tout seuls à une servitude volontaire parce que les dirigeants distillaient savamment de la peur pour cacher leur illégitimité. On a l'impression qu'au 21ème siècle, on est un peu dans la même configuration. Donc, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.»

«C'est une mascarade que de dire que le Parlement a représenté l'ensemble de la population»

Thomas Lequertier: «Le Parlement, le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel, l'opinion : ils ont approuvé ce choix du président. Donc la démocratie, pardonnez-moi de vous le dire ce soir, mais elle a été respectée.» Ivan Rioufol: «Formellement, oui, vous avez tout à fait raison. La démocratie, formellement, a été respectée. Regardons tout de même de la manière dont cela s'est déroulé. À partir du 12 juillet, tout ce processus démocratique que vous applaudissez a mis 15 jours pour avaliser cette décision qui est une décision qui est un changement de société, de mon point de vue, on y reviendra peut-être. Donc la démocratie, certes, a été respectée dans la forme, mais sur le fond c'est une mascarade. C'est une mascarade que de dire que le Parlement a représenté l'ensemble de la population dans la mesure où le Parlement a légiféré en l'espace de quelques nuits et avec la représentativité politique que l'on connait aujourd'hui de la République en marche qui ne représente plus rien lors des dernières élections régionales. Donc, je veux bien entendre cet argument, naturellement, il est tout à fait valable que la démocratie a fonctionné. Mais vous voyez bien que quand vous sondez les Français ils ne sont pas dupes. C'était un sondage dans le Journal du dimanche d'il y a 15 jours, je crois, 43% des Français pensent que nous sommes entrés en dictature. Vous vous rendez compte ? 43% des Français, même s'ils approuvent majoritairement le passe sanitaire.»

«Je pense qu'en effet, il y a une vraie crise de la démocratie et les médias»

Thomas Lequertier: «Peut-être sans savoir ce qu'est une réelle dictature ?» Ivan Rioufol: «Oui, naturellement. Mais arrêtons nous quand même sur ce terme de dictature.» Thomas Lequertier: «Les mots ont un sens Ivan Rioufol.» Ivan Rioufol: «Oui, oui, mais écoutez, le camp d'en face ne se prive pas de caricaturer les opposants en les traitant de fascistes. Donc moi, je ne me prive pas de caricaturer ce camp qui m'interdit de vivre comme étant un camp tout du moins tyrannique. Et pourquoi pas la dictature, ce n'est pas moi qui l'ai employé, ce sont les sondés. Je pense qu'en effet, il y a une vraie crise de la démocratie et les médias ont également avalisé ceci. Le débat de ce changement de société n'a pas été posé. C'est-à-dire que le Conseil constitutionnel a avalisé, de mon point de vue, un basculement sociétal. Il a avalisé le fait que la santé avait valeur constitutionnelle. Il faut s'arrêter quand même un quart de seconde sur ce que cela veut dire. Les valeurs essentielles de la République c'était " Liberté, Égalité, Fraternité ", c'est au fronton des mairies. Ce n'est pas Santé, Égalité, Fraternité.»

«On est en train d'aller dans un monde effrayant»

Ivan Rioufol: «Or, de faire de la santé une valeur en soi, d'abord c'est une aberration, parce que la santé n'est pas une valeur en soi. La santé, c'est un acquis si vous voulez et surtout, ce basculement aurait dû normalement éveiller au moins un minimum de débat entre les intellectuels, au moins entre les intellectuels et les philosophes. Et aujourd'hui, on en arrive à cette société aseptisée qui ne voit pas d'autres urgences aujourd'hui, que de vouloir essayer de mettre la santé au cœur de nos préoccupations, c'est une aberration. D'autant que la santé dans la définition même de l'Organisation Mondiale de la Santé, qui avait été donnée en 1947, était de dire que la santé ne se réduisait pas à des maladies, mais que c'était un ensemble de bien être physique, mental et environnemental ou quelque chose de ce genre là. Et donc, je pense qu'on se leurre et que l'on est en train d'aller dans un monde effrayant.»



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