SANTÉ

Publié le 21 septembre 2021

Crédit vidéo : RMC

Source : https://rmc.bfmtv.com/

«On est dans un monde délirant» cette psychologue s'en prend aux règles sanitaires à l'école

Marie-Estelle Dupont était l'invitée de l'émission «Apolline Matin» diffusée ce mardi 21 septembre 2021 sur RMC.

«Ce sont des enfants agressifs, hyperactifs ou déprimés»

Apolline de Malherbe: «Au moment où l'on se parle, il y a 3.200 classes en France qui sont fermées. C'est-à-dire que l'on est sur le même protocole que l'an dernier, un enfant malade et c'est toute la classe qui est fermée.» Marie-Estelle Dupont: «C'est délirant. On est dans un monde délirant, Apolline. C'est totalement disproportionné. Pour moi, fermer une classe, c'est créer des problèmes de santé publique à long terme dont on ne mesure pas les conséquences. Ce sont des enfants qui perdent leurs compétences sociales. Ce sont des enfants agressifs, hyperactifs ou déprimés. Ce sont des enfants sédentaires, addicts aux écrans, obèses. C'est-à-dire qu'on est en train de leur prescrire tout ce pourquoi il y a quelques années, on faisait des campagnes de prévention de santé publique.» Apolline de Malherbe: «C'est ça qui est dingue. C'est vrai, quand on vous écoute on se dit qu'au fond, on leur dit toute la journée qu'il faut arrêter les écrans et là tout d'un coup c'est l'école qui leur dit qu'il faut rester assis sur sa chaise toute la journée à regarder un écran.»

«Pour être un bon citoyen, tu dois te taire, tu ne dois pas montrer ton visage, tu ne dois pas sortir de la maison»

Marie-Estelle Dupont: «C'est-à-dire qu'en fait, on est dans une injonction paradoxale. Et je trouve que depuis l'année dernière, de plus en plus, notre société se conduit collectivement comme une famille mal traitante. En tout cas, moi, je fais le parallèle dans les symptômes que j'observe. C'est-à-dire que ce sont les enfants qui portent les problèmes des parents. Et en fait, l'injonction paradoxale, c'est pour être un bon citoyen, tu dois te taire, tu ne dois pas montrer ton visage, tu ne dois pas sortir de la maison, tu ne dois pas faire de sport, tu ne dois pas parler avec tes copains. En gros, tu sors pas de chez papa et maman. Comment on va en faire des adultes ?» Apolline de Malherbe: «Pour ceux qui travaillent en tout petit comité, on le sent bien, ils commencent à tomber le masque. Sauf qu'il y a encore un espace où ils se retrouvent avec le masque du matin au soir, c'est l'école, dès qu'ils passent la porte de l'école. Est-ce que ça aussi, ça a des conséquences ?» Marie-Estelle Dupont: «C'est absolument tragique. Il va falloir démasquer aussi les adultes qui s'occupent des enfants. En crèche, il y a des retards de paroles.»

«Les adolescents qui ont des complexes, en fait, on leur prescrit leurs symptômes»

Apolline de Malherbe: «Parce qu'en crèche, en effet, l'enfant ne porte pas le masque. Mais les accompagnants portent le masque. Donc l'enfant a face à lui quelqu'un dont il ne voit plus le visage.» Marie-Estelle Dupont: «Oui. Or le bébé s'humanisme en voyant comment l'adulte forme les lettres labiales, gutturales, etc. Il imite. Un petit mammifère, il apprend par l'imitation. Donc ce sont les liens d'attachement qui sont perturbés parce qu'on décrypte plus les émotions sur le visage. Les adolescents qui ont des complexes, en fait, on leur prescrit leurs symptômes " garde ton masque ". A l'âge où ils ont besoin, justement, de construire leur confiance en eux. Donc, le masque est extrêmement délétère sur le plan psychique. Alors on va me dire : " Oui, mais les enfants s'adaptent. " Alors je vais vous rappeler que personne ne s'adapte mieux qu'un enfant parce que l'enfant, pour sa survie, il a besoin d'appartenir au groupe des adultes et de garder leur confiance.»

«On est en train de renier les besoins de la jeunesse»

Marie-Estelle Dupont: «Donc il est prêt à faire n'importe quoi. Dans une famille maltraitante, un enfant se soumet, il est très sage, il ne fait pas de bruit, il accepte toutes les injonctions folles. Donc je crois que, nous adultes dans cette société, on doit vraiment penser à comment on protège les mineurs de nos problèmes et de nos angoisses.» Apolline de Malherbe: «Donc, ce n'est pas un argument de dire les enfants s'adaptent ?» Marie-Estelle Dupont: «Non, ce n'est pas un argument. Ce que je veux dire, c'est qu'on ne sauvera pas les personnes âgées en sacrifiant les jeunes. Et aujourd'hui, on est dans un glissement sémantique. On dit : " Oh mais ça va, les enfants, les jeunes, on leur demande un effort. " Non, non. Un effort c'est frustrer un désir. Un sacrifice c'est renier un besoin. On est en train de renier les besoins de la jeunesse et pour moi, on ne sauvera rien par-contre, on se suicide notre société, on suicide notre futur et on s'assoit sur nos valeurs.»



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