SANTÉ

Publié le 22 mars 2021

Crédit vidéo : RMC

Source : https://rmc.bfmtv.com

Un soignant fustige le confinement: «Si vous interrogez les soignants du terrain, ils vous diront tous qu'ils en ont marre»

Julien (infirmier) nous livre un avis qui, selon lui, est partagé par de nombreux soignants du terrain. Une intervention diffusée dans l'émission «Les Grandes Gueules» de ce lundi 22 mars 2021 sur RMC.

«Soignant ou pas, on est obligé d'essayer d'aller de l'avant et de tourner cette page»

Alain Marschall: «Alors, vue de l'hôpital, de votre profession de blouse blanche, qu'est ce que vous pensez de ce carnaval, Julien ?» Julien (Infirmier): «Je pense que l'on peut bien sûr penser que c'est déraisonnables et que cela entraîne des conséquences sur l'épidémie, etc. Mais je suis d'accord avec l'auditeur précédent, au bout d'un moment, soignant ou pas, on est obligé d'essayer d'aller de l'avant et de tourner cette page. Et on ne peut pas se permettre d'avoir cette pression qui pèse sur toutes les responsabilités qui pèsent sur le peuple et les citoyens pendant qu'en fait, la problématique que l'on vit, elle est exclusivement liée à la politique qui a eu depuis des années dans le système de santé parce que l'on n'est pas capable de faire face à une épidémie. Mais les épidémies c'est depuis la nuit des temps que cela existe, il y en aura d'autres et vu qu'elle a été plus particulière qu'une autre mais moi, depuis des années que je travaille à l'hôpital, tous les ans où il y a la grippe déjà c'est un problème. Et là cette année ça a été décuplé.»

«Aujourd'hui, on est en train de dire avec un ami, on a bu, on a mangé du fromage comme si c'était un acte de résistance»

Olivier Truchot: «Donc vous en voulez plus aux autorités qui ne mettent pas les moyens suffisants qu'à ces jeunes qui se sont rassemblés ce week-end ?» Julien (Infirmier): «Oui, complètement parce qu'à un moment donné, moi, je les comprends. J'ai travaillé tout le week-end et hier, en sortant du week-end, je suis allé chez un ami et on a bu du vin et on a mangé du fromage parce que voilà, on avait décidé de se voir, ça faisait longtemps que l'on ne s'était pas vus. On est quatre infirmiers.» Alain Marschall: «T'imagines, aujourd'hui, on est en train de dire avec un ami, on a bu, on a mangé du fromage comme si c'était un acte de résistance.» Charles Consigny: «Comment vous faites ? Vous avez gardé les lumières éteintes chez vous pour ne pas être perçus par les autorités ?»

«Tous les soignants, ils vous diraient qu'il faut arrêter ce confinement»

Julien (Infirmier): «J'avais mon attestation de l'hôpital. Je me suis dit au pire, quand je rentrerai chez moi, je montrerai mon attestation de l'hôpital pour essayer de dire je rentre du boulot, il y avait du boulot. Et en fait, vous vous rendez compte ? Alors que même nous, les soignants, en fait, on se dit que bah ça y est ! Je pense que si vous interrogez tous les soignants du terrain, pas ceux qui passent sans arrêt à la télé, qui sont plus politiques à ce moment-là, tous les soignants, ils vous diraient qu'il faut arrêter ce confinement. Même nous, on n'en peut plus parce que ce confinement ou ce couvre feu ou toutes ces restrictions. A un moment donné, il faut vivre pour aller de l'avant et il faut essayer de vivre avec.»

«Les lits ne se remplissent pas, les lits ont toujours été pleins»

Olivier Truchot: «Mais enfin les lits se remplissent, Julien.» Julien (Infirmier): «Mais complètement les lits se remplissent mais, les lits ne se remplissent pas, les lits ont toujours été pleins.» Olivier Truchot: «Les lits sont pleins de Covid.» Julien (Infirmier): «Ben oui, ils ont été pleins de Covid.» Olivier Truchot: «Mais on est d'accord. On est tous d'accord avec vous. Il n'y a pas assez de lits de réanimation mais il y a la réalité, il faut faire en sorte que les gens puissent être bien soignés. Julien, merci de ce témoignage.»



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